Marchés et économie

Global market roundup: Eight investor takeaways from last week

Un long au revoir aux hausses de taux de la Fed
Points importants à retenir
États-Unis
1

Je m’attends à ce que la Réserve fédérale américaine relève ses taux une autre fois cette semaine avant de mettre fin pour à ce cycle de hausses de taux long et exigeant.

Japon
2

Beaucoup s’attendent à ce que la Banque du Japon modifie sa politique de contrôle de la courbe des taux, mais je doute fort que cela puisse se produire dès cette réunion.

Europe et Royaume-Uni
3

Les banques centrales ont encore du pain sur la planche car les problèmes d’inflation persistent.

Les lecteurs assidus de ce blogue savent que ma fille joue au basket-ball. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que cet été marque la dernière saison de ma fille dans l’équipe, parce qu’elle entame sa dernière année du secondaire. Ce fut une longue saison, mais au moment d’écrire ces lignes, je suis à Lancaster, en Pennsylvanie, pour notre dernier tournoi. Ce fut une fin de semaine douce-amère qui a marqué la fin d’une époque qui a débuté il y a plusieurs années avec le premier tournoi auquel notre équipe a participé en Illinois lorsqu’elle était en secondaire I et II. Je suis passée par toute une gamme d’émotions, allant de la tristesse, parce que ce chapitre se termine et que ma fille grandit trop vite, au soulagement que cette saison longue, éprouvante et coûteuse se termine enfin sans trop de blessures (elle s’est fracturé un doigt plus tôt dans la saison mais a pu éviter la chirurgie grâce à de la physiothérapie intensive). Tous les parents vivent une panoplie d’émotions depuis des mois (dernière fois pour ceci, dernière fois pour cela). Bref, ce fut un long au revoir.

Je ressens un peu les mêmes émotions à l’égard de la Réserve fédérale américaine (Fed). Ce fut un cycle de hausses de taux long et exigeant. Nous avons subi une seule blessure grave jusqu’ici du côté des services financiers, en l’occurrence la mini-crise bancaire régionale, mais nous savons que plus le cycle des hausses de taux est long, plus les risques d’accidents et de blessures sont élevés. Et, les effets décalés de la politique monétaire peuvent quand même causer des blessures après la fin des hausses de taux. Bref, j’attends depuis un moment que la Fed mette fin à son cycle des hausses de taux, les derniers mois se comparant à un long au revoir de la Fed. Je crois que cette semaine marquera la dernière hausse de ce cycle de resserrement, même si la Fed ne l’admettra peut-être pas. Cependant, à mon avis, c’est ce qui va arriver et il faut que ça arrive. C’est parce que les États-Unis sont sans l’ombre d’un doute en période de désinflation. Si j’étais une chanteuse country qui écrit sur le thème du cycle des hausses de taux aux États-Unis, j’intitulerais peut-être ma prochaine chanson « Comment pourrais-tu me manquer alors que tu ne m’a pas encore quittée? »

Les grandes puissances économiques sont sur la voie de la désinflation

En fait, les pays développés occidentaux se trouvent à différents stades de la désinflation. Par exemple, la semaine dernière, nous avons appris que l’indice des prix à la consommation (IPC) du Canada a chuté à 2,8 % sur douze mois en juin; il n’avait pas été aussi bas depuis plus de deux ans. La ministre des Finances du Canada a qualifié cet événement de « moment marquant ». L’inflation au Canada est inférieure à celle de tout autre pays du G7 et est finalement revenue dans la fourchette de contrôle de 1 à 3 % de la Banque du Canada (la cible est de 2 %), après avoir été au-dessus de cette fourchette pendant plus de deux ans. L’IPC de base du Canada a aussi fait des progrès, même s’il demeure au-delà de la fourchette de contrôle de la Banque du Canada.1 Il me semble que la Banque du Canada devrait elle aussi dire au revoir prochainement au resserrement.

Les autres grandes puissances économiques sont elles aussi sur la voie de la désinflation, même si elles n’ont pas fait autant de progrès que les États-Unis ou le Canada, si bien que leurs banques centrales mettront peut-être plus de temps à mettre fin à leur cycle de resserrement. L’IPC de la zone euro pour juin a été inférieur aux attentes, même si l’IPC de base reste plus élevé, ce qui a été un thème commun. Mais, il fallait s’y attendre car le taux d’inflation de base a tendance à accuser un retard sur le taux d’inflation sommaire. Ainsi, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre vont se réunir cette semaine et on peut s’attendre à des hausses de taux; toutefois, ce ne seront pas les dernières. Elles ont encore du pain sur la planche vu le moment auquel a débuté le resserrement et l’ampleur du problème d’inflation dans leurs économies respectives.

Cette semaine, tous les yeux seront tournés vers la Banque du Japon. Beaucoup s’attendent à une modification quelconque de la politique de contrôle de la courbe des taux. Bien que ce soit certainement une possibilité, je doute fort que cela puisse se produire dès cette réunion.

Le taux de chômage de la Chine présente un défi pour l’économie

Les stratèges et économistes semblent désormais plus optimistes à l’égard de l’économie américaine, mais plus pessimistes à l’égard de l’économie chinoise. À mon avis, la grande différence est le marché de l’emploi de ces économies. Aux États-Unis, le marché du travail reste tendu, mais s’assouplit légèrement. Cela a amorti le ralentissement induit par la Fed, le rendant anémique malgré le plein emploi (contrairement à la reprise anémique sans création d’emplois survenue après la crise financière mondiale).

En Chine, le taux de chômage, particulièrement chez les jeunes, est nettement plus élevé. Cela s’avère problématique, car cela mine la confiance des consommateurs. Cependant, je crois que cela augmente la probabilité que les autorités instaurent des mesures de relance budgétaires cette année, ce qui devrait aider. Au-delà de la Chine, je mise sur les marchés émergents de l’Asie, particulièrement l’Inde et l’ANASE. Les données démographiques jouent en faveur de ces pays, en particulier la formation de nombreux ménages qui stimule les dépenses de consommation.

Bénéfices des sociétés

Évidemment, aucun commentaire sur les marchés ne serait complet sans mentionner la période de déclaration des bénéfices. Nous arrivons au cœur de cette période et je porte une attention particulière aux résultats prévisionnels comme suite aux annonces de bénéfices. Nous aborderons plus en détail ce sujet la semaine prochaine.

Se laisser porter par le courant

Enfin, comme vous le savez peut-être, je suis une aficionado du film « Les dents de la mer » et de tout ce qui traite des requins comme l’émission de télé « Shark Week ». Cependant, je dois avouer que cet été, c’est l’été de la loutre de mer. Ceux qui ne sont pas au courant, sachez qu’une loutre de mer au large de Santa Cruz en Californie vole les planches de surf. Bien que certains aient décrit ses agissements par des verbes comme « terroriser », je suis devenue une adepte de cette créature marine courageuse, qui n’a pas eu peur de saisir les occasions quand elles se présentent. Elle semble mûre pour son âge (on estime qu’elle est âgée de cinq ans) et a rapidement appris comment déjouer les nombreuses tentatives pour la capturer et la relocaliser dans un aquarium. Par-dessus tout, je l’adore parce qu’elle semble réellement trouver du plaisir à faire du surf (ou à mastiquer les planches). En tant qu’investisseurs, nous devrions nous inspirer de son livre de jeux, être de bons élèves, saisir les occasions qui se présentent et, bien entendu, nous laisser porter par le courant.

Notes de bas de page

  • 1

    Source : Statistique Canada, au 18 juillet 2023