Article Bilan de l’or T3 2026 et perspectives pour la fin d’année

Sam Whitehead
Benjamin Jones
David Scales
, et
Un lingot d’or posé sur un bureau en bois dans un environnement de bureau, avec des documents et un ordinateur portable flous en arrière-plan.

Points importants à retenir

  • L’or a progressé de 3,7 % au troisième trimestre, malgré un relèvement des taux de la Fed et une forte hausse des rendements obligataires, les rendements des obligations à long terme atteignant des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies.

  • L’inflation apparaît de plus en plus comme une préoccupation de court terme, tandis que la croissance économique fait preuve d’une résilience inattendue, soutenant la hausse des rendements obligataires et exerçant une pression sur l’or.

  • Les facteurs de soutien structurels restent bien en place, portés par les achats continus des banques centrales et par l’importance croissante accordée aux enjeux de sécurité. Parallèlement, les investisseurs sont revenus vers les ETP adossés à l’or.

Performance de l’or au T3 2026

Après un deuxième trimestre en demi-teinte, le cours de l’or a passé une grande partie du mois de juillet à osciller autour du seuil psychologique des 4 000 USD l’once. Les banques centrales ont acheté 23 tonnes d’or au cours du mois, tandis que le regain d’intérêt pour les ETP adossés à l’or a apporté un soutien supplémentaire dans la seconde moitié du mois. L’investissement s’est ensuite renforcé durant le reste du trimestre.

À la phase de consolidation observée en juillet a succédé un mois d’août nettement plus favorable. Le cours de l’or a été soutenu par plusieurs indicateurs économiques américains décevants. Après des créations d’emplois inférieures aux attentes, les données relatives à l’IPC et à l’IPP ont également surpris à la baisse. Même si la Fed ne privilégie pas ces indicateurs pour évaluer l’inflation, leur publication a amené les marchés à réduire leurs anticipations de nouvelles hausses de taux. L’or a également bénéficié de nouveaux achats des banques centrales, notamment de la Banque populaire de Chine, qui a déclaré avoir acquis 20 tonnes d’or pour le deuxième mois consécutif.  

Le cours de l’or a toutefois reculé en septembre sous l’effet de la forte remontée des rendements obligataires. Il a néanmoins terminé le troisième trimestre à 4 157 USD l’once, soit une progression trimestrielle de 3,7 %. Que l’or ait terminé le trimestre en hausse malgré l’envolée des rendements obligataires à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies constitue un fait marquant. Depuis 2022, la corrélation historique entre l’or et les rendements réels s’est considérablement affaiblie, les banques centrales ayant accru leurs achats d’or à la suite du gel des réserves russes, indépendamment des niveaux de prix. Des rendements obligataires plus élevés, notamment en termes réels, augmentent le coût d’opportunité de la détention d’un actif ne générant pas de rendement. 

Quels éléments ont façonné l’évolution du cours de l’or ? Qu’est-ce qui a pesé sur l’or ?

Les rendements obligataires ont sans doute été le principal moteur de l’évolution du cours de l’or durant le trimestre. La vente massive d’actifs obligataires à l’échelle mondiale a entraîné une forte hausse des rendements des bons du Trésor américain sur l’ensemble de la courbe, les maturités longues atteignant en septembre des niveaux inégalés depuis plusieurs décennies. Les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans et à 30 ans ont atteint leurs plus hauts niveaux de clôture depuis 2002, terminant le troisième trimestre respectivement à 5,28 % et 5,63 %. 

Cette correction du marché obligataire s’explique par plusieurs facteurs, notamment la possibilité que la Fed maintienne des taux d’intérêt élevés pendant une période prolongée en raison d’une inflation qui reste supérieure à son objectif de 2 %. Ces derniers temps, la vigueur de la croissance économique s’est imposée comme un moteur majeur de la hausse des rendements. Les rendements effectifs ont progressé tandis que les primes de terme se sont globalement stabilisées, comme l’illustre la Figure 2.

La demande pour les obligations d’État est également affectée par la concurrence d’autres classes d’actifs. De nombreux investisseurs de long terme privilégient désormais les nouvelles émissions de dette d’entreprise destinées au financement des infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Les investisseurs pourraient également réclamer un rendement plus élevé sur les obligations du Trésor américain afin de compenser ce qu’ils perçoivent comme un risque croissant, en particulier après le franchissement du cap des 40 000 milliards de dollars de dette publique américaine.

L’inflation demeure au cœur des anticipations relatives à la politique de taux d’intérêt. La Fed a relevé ses taux de 25 points de base en septembre, portant la fourchette cible à 3,75 %-4,00 %, une décision prise à l’unanimité par les membres du comité, et le graphique à points (« dot plot ») a indiqué au moins une nouvelle hausse au quatrième trimestre 2026. Toutefois, la publication de l’indice des dépenses de consommation des ménages (PCE) étonnamment faible le dernier jour du trimestre a conduit les marchés à revoir sensiblement leurs anticipations : selon CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux en octobre est passée de 68 % à 40 % en une semaine. 

Même si l’inflation reste élevée, cette publication pourrait, selon nous, inciter la Fed à maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion d’octobre. Les responsables monétaires disposeraient ainsi de davantage de temps pour analyser les prochaines données économiques. Une hausse des taux en décembre nous semble plus probable, à condition que l’inflation cesse de reculer et que l’économie continue de se renforcer. Par ailleurs, la croissance du PIB du deuxième trimestre a été sensiblement révisée à la hausse.

Les investisseurs mondiaux reviennent vers les ETP adossés à l’or au T3

Les prix élevés de l’or et la solidité des marchés actions ont probablement réduit l’attrait de l’or au sein de portefeuilles diversifiés. Les encours d’or des ETF et autres ETP adossés à l’or se sont contractés pendant la majeure partie de l’année 2026. Le mouvement s’est toutefois inversé de façon marquée au troisième trimestre, les avoirs mondiaux atteignant leur plus haut niveau depuis douze mois. 

Perspectives pour l’or

Si la volatilité persiste sur les marchés financiers, il ne serait pas surprenant de la voir se répercuter également sur le marché de l’or, indépendamment de ses fondamentaux. Comme cela a déjà été observé lors de précédents épisodes de stress de marché, certains investisseurs peuvent être amenés à céder leurs actifs les plus liquides, dont l’or, pour répondre à des appels de marge ou compenser des pertes sur d’autres positions, sans remettre en cause leur conviction à l’égard de cet actif. Cette situation pourrait être particulièrement pertinente pour les investisseurs dont les placements en or se sont fortement valorisés au cours des dernières années.

Cela étant dit, nous estimons que les facteurs de soutien structurels de l’or restent bien en place. Nous nous attendons à ce que les banques centrales restent des acheteurs nets d’or dans le cadre de la diversification de leurs réserves. Ces institutions sont généralement peu sensibles aux variations de prix. Comme indiqué dans notre précédent article sur les perspectives de l’or, les principaux facteurs qui motivent ces achats continus sont la volatilité mondiale, la protection contre l’inflation et les incertitudes géopolitiques. D’après le Conseil mondial de l’or, les banques centrales ont enregistré au deuxième trimestre 2026 leur plus important volume d’achats d’or jamais observé pour cette période de l’année.

Les banques centrales ne se préoccupent plus seulement de la quantité d’or qu’elles détiennent, mais aussi de l’endroit où il est conservé. En septembre, De Nederlandsche Bank (DNB) a annoncé avoir transféré environ 86 tonnes d’or vers Londres depuis New York et Ottawa entre mars et août, invoquant l’intensification des tensions géopolitiques et la nécessité d’être mieux préparée à une éventuelle crise. La part des réserves d’or néerlandaises détenues à Londres est ainsi passée de 18,1 % à 32,1 %, tandis que celle conservée à New York est tombée de 31,3 % à 18,5 %. Selon la DNB, cette décision répond à des considérations pratiques : l’or conservé à la Banque d’Angleterre respecte les normes internationales de négociation et peut être mobilisé plus rapidement en cas de besoin.

Ce mouvement fait suite à la décision de la Banque de France de remplacer 129 tonnes d’or physique détenues à New York par de l’or acquis en Europe entre juillet 2025 et janvier 2026. Aucune de ces opérations n’a modifié la quantité totale d’or détenue. Elles n’ont donc pas engendré de demande supplémentaire directe. Elles suggèrent toutefois que les gestionnaires de réserves considèrent de plus en plus l’or comme un actif susceptible d’être utilisé en période de crise, et non plus simplement détenu à titre de réserve. Cela conforte le scénario d’une poursuite des achats d’or par les banques centrales.

Dans quelles circonstances réviserions-nous nos perspectives sur l’or ?

Du côté des risques baissiers, les perspectives pourraient se détériorer en cas de nouvelle appréciation du dollar américain ou de ralentissement des achats d’or des banques centrales. À l’inverse, l’or pourrait tirer parti d’un ralentissement de la croissance ravivant les anticipations de baisse des taux, d’un regain de préoccupations budgétaires ou monétaires, ou encore d’un choc géopolitique. 

Vous souhaitez vous exposer à l’évolution du cours de l’or ?

Foire aux questions

Pourquoi les variations des taux d’intérêt ont-elles un impact sur l’or ?

L’or ne génère pas de revenus. Par conséquent, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les liquidités et les obligations peuvent devenir relativement plus attractives en raison des revenus qu’elles procurent. Des taux d’intérêt plus faibles réduisent ce coût d’opportunité, ce qui peut soutenir la demande d’or.

Pourquoi le dollar américain a-t-il un impact sur l’or ?

À l’inverse, un dollar plus faible peut rendre l’or plus abordable pour les investisseurs internationaux et contribuer à soutenir les prix. À l’inverse, un dollar plus faible peut rendre l’or plus abordable pour les investisseurs internationaux et contribuer à soutenir les prix.

Pourquoi l’inflation a-t-elle un impact sur l’or ?

L’or est souvent considéré comme une couverture contre l’inflation, car son offre est limitée et il n’est lié à aucune monnaie en particulier. Toutefois, l’impact de l’inflation dépend fortement de l’évolution des taux d’intérêt réels : si les taux augmentent plus rapidement que l’inflation, l’or peut subir des pressions.

Pourquoi l’or est-il considéré comme une « réserve de valeur » ?

L’or est considéré comme une réserve de valeur, car il est rare, durable, largement accepté et ne peut pas être créé ou imprimé à volonté comme les monnaies fiduciaires. Ces caractéristiques ont contribué à préserver le pouvoir d’achat de l’or sur de longues périodes, en particulier lors des épisodes de tensions économiques ou monétaires.

Qu’est-ce que le World Gold Council ?

Le World Gold Council est l’organisation de développement du marché de l’industrie aurifère. Il représente les principales sociétés minières aurifères et œuvre à promouvoir une meilleure compréhension du rôle de l’or dans les marchés financiers et dans la société. L’organisation publie des études, des données et des analyses sur la demande d’or, les investissements en or, les banques centrales ainsi que les chaînes d’approvisionnement responsables.

Qu’est-ce qu’un ETC sur l’or physique ?

Un ETC adossé à de l’or physique est un titre conçu pour répliquer l’évolution du prix de l’or. Il est généralement adossé à des lingots d’or physiques alloués et conservés auprès d’un dépositaire. Il permet aux investisseurs de s’exposer à l’or sans avoir à stocker ni à assurer eux-mêmes des lingots ou des pièces.

Quel rôle l’or joue-t-il dans un portefeuille ?

L’or peut jouer un rôle de diversification, car les facteurs qui influencent son évolution diffèrent souvent de ceux des actions et des obligations, en particulier lors des périodes de stress des marchés, de préoccupations inflationnistes ou d’incertitudes géopolitiques. Il peut également apporter de la liquidité et servir de couverture potentielle au sein d’un portefeuille, même s’il ne génère pas de revenus et que son cours peut être volatil.

  • Risques d’investissement 

    La valeur des investissements et des revenus fluctue (cela peut être en partie dû aux fluctuations des taux de change) et les investisseurs peuvent ne pas récupérer la totalité du montant investi.

    Informations importantes

    Données au 30 septembre 2026 sauf indication contraire.

    Les points de vue et opinions sont basés sur les conditions actuelles du marché et sont susceptibles de changer.

    Il s'agit de matériel promotionnel et non de conseils financiers. Il ne s’agit pas d’une recommandation d’achat ou de vente d’une classe d’actifs, d’un titre ou d’une stratégie particulière. Ne lui sont par conséquent pas applicables (i) les réglementations imposant l’impartialité des recommandations visant des investissements ou stratégies d’investissement, et (ii) toute interdiction de négocier des titres avant sa publication. 

  • EMEA5984584/2026