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Opportunités de l’upper mid-market européen pour les assureurs

L’horizon de la BCE et de Francfort

Points importants à retenir

Options de financement.

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Les emprunteurs de l’upper mid-market européen (UMM) alternent entre deux types de financement : les crédits arrangés par des banques et les prêts directs.

Approche flexible.

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Afin de garantir un déploiement cohérent, les investisseurs devront de plus en plus faire preuve de souplesse dans le cadre de l’utilisation de prêts syndiqués et directs au sein de leurs portefeuilles.

Avantages pour les assureurs.

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Pour les assureurs français, les prêts seniors garantis de l’upper mid-market européen peuvent offrir un profil de rendement ajusté au risque attrayant, une diversification de portefeuille et un solide rendement du capital en vertu des exigences fixées par la directive Solvabilité.

Dans l’univers du crédit privé européen, nous pensons que la dette servant à financer les entreprises de plus grande taille et bien capitalisées, connues sous le nom de l’upper mid-market (UMM), constitue un segment particulièrement attrayant compte tenu de la solidité et de la stabilité des bilans de ces entreprises. Ces emprunteurs alternent de plus en plus entre deux types de financement : les crédits arrangés par des banques (prêts syndiqués ou prêts syndiqués à large diffusion) et les prêts émis directement (prêts directs). En développant un portefeuille axé sur des entreprises de l’upper mid-market européen, nous combinons le marché des prêts directs, offrant des primes de spread, et le marché syndiqué, permettant de bénéficier d’un déploiement cohérent et de liquidités.

De notre point de vue, cette approche convient particulièrement aux investisseurs, notamment aux assureurs français et européens, en quête de solutions pérennes qui se concentrent sur des entreprises européennes de plus grande taille et bien établies, offrant des revenus élevés à taux révisable sur une base d’actifs stable. Les investisseurs peuvent bénéficier à la fois des primes de spread des prêts directs liées au risque de crédit pour ces sociétés et d’un déploiement total.

L’évolution du crédit privé

Après la crise financière mondiale, les réformes réglementaires et les contraintes de capital ont limité les capacités de financement des banques, créant ainsi un vide que les prêteurs non bancaires peuvent combler. L’histoire montre que le marché du crédit privé des entreprises pouvait se diviser en deux segments : le marché des prêts syndiqués pour les entreprises de plus grande taille et le marché des prêts directs pour les petites entreprises. Malgré des points d’accès différents, les deux marchés se concentrent sur les prêts garantis de premier rang à taux révisable. Ils se distinguent notamment par la nature technique de la participation des prêteurs :

  • Le marché des prêts syndiqués implique des prêts émis par des banques, puis distribués peu de temps après à des investisseurs institutionnels. Compte tenu de la visibilité du marché au sens large et de la taille des emprunteurs, les prêts syndiqués conservent par la suite un marché secondaire solide et des liquidités régulières.
  • Le marché des prêts directs se compose de prêts accordés directement par des prêteurs non bancaires à des emprunteurs. Ces prêts directs offrent une prime de spread par rapport aux prêts syndiqués, mais tiennent compte de l’existence d’un marché secondaire ou de liquidités minimes. Par ailleurs, les prêteurs détiennent généralement le prêt jusqu’à son remboursement ou son échéance.

Avec la croissance de la « poudre sèche » dans les prêts directs, une part significative a été déployée vers les entreprises de plus grande taille et les frontières entre les marchés des prêts syndiqués et directs sont devenues de plus en plus artificielles. Les différences s’expliquaient notamment par les contraintes des fonds plutôt que par le risque de crédit (véhicules d’investissement axés sur des prêts syndiqués ou directs, mais avec une flexibilité minimale entre les deux).

Les emprunteurs de l’upper mid-market européen envisagent aujourd’hui des solutions d’emprunt issues des deux marchés et peuvent alterner en fonction des écarts de prix/spreads à tout moment :

  • Dans un contexte de faiblesse des émissions sur les marchés des prêts syndiqués, les spreads relatifs aux nouvelles transactions se creusent (comme en 2022) et, par conséquent, l’activité des prêts directs augmente.
  • Lorsque le marché des nouvelles émissions de prêts syndiqués à large diffusion est solide et que les spreads chutent (comme en 2024), de nombreux emprunteurs de l’upper mid-market délaissent le marché des prêts directs en faveur du marché des prêts syndiqués.

Selon nous, les prêts garantis de premier rang à taux révisable accordés aux emprunteurs de l’upper mid-market européen peuvent offrir un revenu élevé provenant de sociétés stables. Les entreprises de l’upper mid-market, présentant un EBITDA (excédent brut d’exploitation) supérieur ou égal à 50 millions d’euros, sont généralement considérées comme des emprunteurs plus solides avec des flux de trésorerie plus résilients. Nous estimons que le profil risque-rendement des entreprises de l’upper mid-market européen est supérieur aux sociétés du lower mid-market.

Prime du lower mid-market (pb)

Source : KBRA DLD Research au troisième trimestre 2025 : prêts à terme 1L uniquement ; prêts unitranche basés sur l’effet de levier : >4,0x pour une structure de premier rang ; lower mid-market avec <un EBITDA de 20 millions d’euros.

Une vision cohérente des opportunités du segment de l’upper mid-market

Afin de garantir un déploiement cohérent, les investisseurs devront de plus en plus faire preuve de souplesse dans le cadre de l’utilisation de prêts syndiqués et directs au sein de leurs portefeuilles. En effet, les emprunteurs de plus grande taille continueront de basculer d’un marché à l’autre.

Malgré des points d’accès différents au capital du point de vue des emprunteurs, nous estimons que, côté client, la gestion de portefeuille et le risque de crédit pour cette exposition devraient prendre en considération, de manière uniforme, les prêts garantis de premier rang à taux révisable de l’upper mid-market européen.

Upper mid-market européen pour les assureurs

Pour les assureurs français et européens, les prêts seniors garantis de l’upper mid-market européen peuvent offrir un profil de rendement ajusté au risque attrayant et un solide rendement du capital en vertu des exigences fixées par la directive Solvabilité. En termes de construction de portefeuille, les stratégies de l’upper mid-market combinent généralement une exposition aux prêts syndiqués à large diffusion et aux transactions directement émises, la majorité étant allouée à des prêts privés. Cette structure, associée à une hausse du rendement, se traduit par un rendement du capital attrayant (ratio spread/fonds propre pour le risque de spread) par rapport à d’autres alternatives de crédit. 

Les prêts sur le segment de l’upper mid-market offrent également des avantages de diversification des portefeuilles de base des assureurs, qui se concentrent généralement sur des obligations à taux fixe. En introduisant une exposition à taux flottant avec des facteurs de rendement distincts, cette approche permet de rééquilibrer la sensibilité aux taux d’intérêt et de renforcer la résilience du portefeuille dans différents environnements de taux. Par rapport aux prêts du segment du lower mid-market, la stratégie offre un potentiel de rendement comparable avec un profil de risque plus prudent et des protections renforcées des clauses restrictives, favorisant ainsi une construction de portefeuille plus résiliente et plus efficace. 

L’accès aux prêts seniors de l’upper mid-market par le biais d’une structure pérenne permet aux assureurs de bénéficier de ce segment attrayant du marché des prêts tout en répondant à une contrainte clé en matière d’évolutivité du déploiement et d’accès aux marchés privés, dans un cadre tarifaire rentable.

L’expérience et l’expertise d’Invesco dans le domaine des prêts sur l’upper mid-market européen

Le sourcing et la diligence sont des facteurs essentiels en ce qui concerne les prêts accordés à des entreprises de l’upper mid-market européen.

  • Sourcing. En ce qui concerne le sourcing, nous sommes convaincus que l’importance des relations avec les sponsors de premier plan du marché est un facteur déterminant, car il s’agit des entités qui détiennent des sociétés du segment de l’upper mid-market. En novembre 2025, Invesco est l’un des plus gros financeurs de capital-investissement au monde, avec plus de 30 milliards d’euros de prêts en circulation accordés aux sponsors de premier plan du marché. En outre, Invesco entretient des relations de longue date avec certaines des plus grandes banques européennes qui jouent un rôle de plus en plus important sur le marché du crédit privé.
  • Contrôles de vigilance. Invesco tire parti d’une expertise sectorielle approfondie visant à évaluer minutieusement les investissements potentiels, en veillant à comprendre la dynamique et les risques uniques de chaque secteur. Notre grande connaissance des emprunteurs renforce notre capacité à évaluer la solvabilité, en nous appuyant sur des relations de longue date et des historiques de données de performance. En outre, les capacités de recherche avancées d’Invesco dans le domaine du crédit garantissent une analyse méticuleuse et une prise de décision éclairée.

La stratégie d’Invesco relative à l’upper mid-market vise une diversification de l’exposition aux grands emprunts d’entreprise européens par le biais de prêts directs et de prêts syndiqués à large diffusion. La souplesse de cette structure permet un déploiement cohérent sans appels de capitaux, optimisant ainsi les rendements tout au long des cycles de marché. Les prêts directs offrent une prime d’illiquidité de 100 à 300 points de base, tandis que les prêts syndiqués apportent liquidité et grande capacité. En investissant dans ces deux formats, notre stratégie vise à générer des revenus élevés, des intervalles de liquidité réguliers ainsi qu’à offrir un accès à des sociétés stables et bien capitalisées.

  • Risques d’investissement

    La valeur des investissements et des revenus fluctue (cela peut être en partie dû aux fluctuations des taux de change) et les investisseurs peuvent ne pas récupérer la totalité du montant investi.

    Information importante

    Données au 31 janvier 2026 sauf indication contraire. Les points de vue et opinions sont basés sur les conditions actuelles du marché et sont susceptibles de changer. Il s’agit de matériel marketing et non de conseils financiers. Il ne s’agit pas d’une recommandation d’achat ou de vente d’une classe d’actifs, d’un titre ou d’une stratégie particulière. Les exigences réglementaires qui exigent l’impartialité des recommandations d’investissement/de stratégie d’investissement ne sont donc pas applicables, pas plus que les interdictions de négociation avant publication.

    EMEA4232246/2026