Marchés et économie

Le discours et les faits soutiennent les marchés boursiers non américains

Un homme d’affaires vérifie les données boursières

Points importants à retenir

Facteurs du marché

1

Les marchés sont influencés par une interaction constante entre le discours à court terme et les paramètres fondamentaux sous-jacents.

Intelligence artificielle (IA)

2

L’IA suscite de fortes émotions, mais les données sur les bénéfices et les prévisions de bénéfices des analystes ne se sont pas considérablement détériorées.

Les actions non américaines

3

Le discours entourant les marchés émergents, le Japon et l’Europe s’améliore et leurs paramètres fondamentaux structurels prennent du galon.

Les marchés sont influencés par une interaction constante entre le discours à court terme et les paramètres fondamentaux sous-jacents qui déterminent les résultats à long terme. Parfois, ce discours devient de véritables facteurs structurels favorables ou défavorables qui façonnent les rendements des marchés durant de nombreuses années. Dans d’autres cas, il s’avère temporaire et s’estompe à mesure que l’attention est portée ailleurs et que les paramètres fondamentaux reprennent le dessus.

À l’heure actuelle, les marchés montrent qu’ils réagissent exagérément au discours, mais aussi, dans certains cas, que le discours et le soutien structurel sont en phase. C’est dans ce dernier cas que les investisseurs à long terme pourraient être récompensés. Dans le premier cas, où l’émotion est vive, les investisseurs auraient avantage à faire preuve de prudence.

Les émotions jouent un rôle dans la réaction du marché à l’IA

Récemment, les fluctuations folles de certains titres, secteurs et indices boursiers de pays témoignent du fait que les investisseurs tentent de comprendre comment la valeur finale des sociétés pourrait être perturbée, voire détruite, par les progrès de l’IA1. De nombreux titres de logiciels et de technologies ont été durement touchés2 en réaction à ce qui est dit concernant les outils d’IA, qui minent les modèles d’affaires et remplacent les travailleurs du savoir. Cela ne veut pas dire que ces préoccupations ne sont pas fondées ou que certaines conclusions ne se révéleront pas exactes. Nous devons plutôt reconnaître l’incertitude inhérente à ce discours et éviter de considérer celui-ci comme une prévision ferme.

Il est compréhensible que l’émotion joue un rôle. Le rythme des changements est extraordinaire et, pour beaucoup, très personnel. En tant que travailleurs du savoir (et l’un d’entre nous parent d’adolescents de surcroît), nous savons qu’il s’agit d’un sujet qui attise les émotions. Pourtant, les données sur les bénéfices, et même les prévisions de bénéfices des analystes, ne se sont pas considérablement détériorées. Mercredi dernier, Nvidia a terminé la période de publication des résultats du quatrième trimestre en publiant de solides résultats, ce qui a réitéré que la demande pour les centres de données, les puces et les infrastructures connexes demeure robuste. Malgré cela, le cours de Nvidia a reculé le lendemain3.

Amélioration du discours et des paramètres fondamentaux des actions non américaines 

Comme nous le rappelle la phrase célèbre de l’économiste John Maynard Keynes, « les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous pouvez rester solvables ». Il est rarement utile, et souvent risqué, d’essayer d’anticiper le marché ou de prendre des positions excessivement audacieuses lorsque la visibilité est faible. Nous avons une plus grande confiance aujourd’hui à l’extérieur des États-Unis. À notre avis, les marchés émergents, le Japon et même l’Europe se démarquent. Dans ces régions, le discours s’est amélioré, les paramètres fondamentaux structurels se sont raffermis et, surtout, les évaluations ont été moins élevées et les positions sont beaucoup moins bondées4.

Les actions japonaises ont continué de bien se comporter5. Le discours à court terme repose sur l’augmentation du soutien politique provenant d’un nouveau gouvernement fortement majoritaire. Plus important encore, le scénario structurel demeure convaincant. Les réformes en matière de gouvernance d’entreprise et le rendement des actionnaires, en particulier la hausse des rendements des actions6, se sont améliorés depuis que l’ancien premier ministre Shinzo Abe a lancé son programme de réformes7. La participation des investisseurs nationaux et étrangers a continué d’augmenter.

Les marchés émergents affichent depuis longtemps une croissance intéressante, quoiqu’avec une volatilité plus élevée, selon nous. Aujourd’hui, les principales forces structurelles, comme la faiblesse du dollar américain8 et l’amélioration de la gouvernance d’entreprise, se sont alliées pour offrir un soutien supplémentaire. Au sein des marchés émergents, les meneurs sur le plan du rendement ont été clairs. Les actions des marchés émergents ont continué d’enregistrer des rendements supérieurs la semaine dernière, la Corée étant ressortie du lot9. L’indice boursier coréen (KOSPI) a progressé de plus de 75 % en 2025 et de près de 50 % au cours des deux premiers mois cette année10. La Corée est maintenant le neuvième marché boursier mondial11.

Les actions coréennes ont été portées par l’essor soutenu de la demande en semi-conducteurs et en mémoire. À l’heure actuelle, il y a peu de mauvais augures évidents à l’horizon. La croissance des exportations demeure vigoureuse12, tandis qu’une inflation intérieure constante donne à penser que la Banque de Corée peut maintenir ses taux directeurs inchangés pendant un certain temps.

Les marchés voguent au gré des discours. Notre tâche consiste à déterminer où nous sommes le plus convaincus que le discours et les faits convergent. De ce point de vue, l’histoire que nous racontons depuis des mois demeure intacte. Nous croyons que les marchés non américains, y compris les marchés émergents, le Japon et l’Europe, ont le potentiel de continuer à récompenser les investisseurs.

Comment la situation en Iran pourrait-elle évoluer?

À peine deux mois après son début, l’année 2026 réserve déjà de nombreux rebondissements. Les frappes militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont entraîné la mort du guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Le déroulement de la situation n’est pas clair à ce stade-ci, mais l’histoire donne à penser que de tels chocs et revirements géopolitiques pourraient initialement avoir une incidence négative sur les actifs risqués, y compris les actions. Toutefois, à moyen terme, conserver les placements pourrait être la meilleure solution, selon nous, car les marchés ont tendance à rebondir après les sommets de risque géopolitique.

Ce qu’il faut surveiller cette semaine

Date

Région

Événement

Pourquoi est-ce important?

2 mars

États-Unis

Indice des directeurs d’achats (PMI) du secteur manufacturier (final, févr.)

Conditions du secteur manufacturier

 

États-Unis

Sondage ISM du secteur manufacturier (févr.)

Santé du secteur

 

Japon

Taux de chômage (janv.)

Marché de l’emploi

 

Royaume-Uni

Prix des logements à l’échelle nationale (févr.)

Tendance du logement

3 mars

États-Unis

Ventes nationales de véhicules (févr.)

Demande des consommateurs

 

Zone euro

IPC de février

Indicateur d’inflation

4 mars

États-Unis

Rapport sur l’emploi d’ADP (févr.)

Indicateur de l’emploi

 

États-Unis

Indice ISM composé des secteurs autres que manufacturiers (févr.)

Secteur des services

 

Zone euro

Taux de chômage (janv.)

Conditions de l’emploi

5 mars

États-Unis

Indices des prix du commerce (janv.)

Prix du commerce

 

Zone euro

Ventes au détail (janv.)

Activité des consommateurs

6 mars

États-Unis

Rapport sur l’emploi (févr.)

Données importantes sur l’emploi

 

Zone euro

Produit intérieur brut (PIB) T4

Croissance économique

  • 1

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 févr. 2026, selon certains rendements depuis le début de l’année, y compris des secteurs de l’indice S&P 500, comme l’énergie (+23,16 %) et les technologies de l’information (-3,41 %), l’indice de la Bourse de Corée (KOSPI) (+46,42 %), l’indice Nikkei 225 (+13,41 %) et l’indice S&P 500 Software Industry GICS Level 3 (-17,55 %).

  • 2

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 févr. 2026, selon le rendement en cumul annuel de l’indice S&P 500 Software Industry GICS Level 3 (-17,55 %).

  • 3

    3 Source : CNBC, « Nvidia’s blowout earnings report disappoints Wall Street as stock sinks 5 % », publié le 26 février 2026.

  • 4

    Source : Bloomberg, L.P., 26 févr. 2026, selon la croissance des bénéfices et le ratio cours-bénéfice des sociétés de l’indice MSCI Monde tous pays hors É.-U. par rapport à l’indice S&P 500.

  • 5

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 février 2026, selon le rendement depuis le début de l’année de l’indice Nikkei 225 (+13,41 %).

  • 6

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 févr. 2026, selon les sociétés de l’indice Nikkei 225, qui a inscrit un rendement de 16,79 % depuis le début de l’année.

  • 7

    Source : IPE, « Corporate reform underpins Japan record equity run », publié le 10 févr. 2026.

  • 8

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 février 2026, selon l’indice du dollar américain, qui mesure la valeur du dollar américain par rapport à un panier de devises pondérées en fonction des échanges.

  • 9

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 févr. 2026, selon l’indice MSCI Marchés émergents et l’indice S&P 500, qui ont inscrit des rendements respectifs de 3,36 % et de 0,00 % pour la période de quatre jours terminée le 26 févr. 2026.

  • 10

    Source : Bloomberg, L.P., au 26 févr. 2026, selon le rendement de l’indice de la Bourse de Corée (KOSPI) depuis le début de l’année (+46,42 %).

  • 11

    Source : Ministère du Commerce, de l’Industrie et des Ressources de la Corée, au 31 janvier 2026.

  • 12

    Source : Bloomberg, L.P., selon les taux d’inflation neutres coréens, la différence de taux étant calculée à l’aide du taux nominal de l’obligation d’État la plus rapprochée et d’une obligation indexée sur l’inflation.