On sait qu’il se passe beaucoup de choses quand, au cours des deux premiers mois de l’année, cette citation de Vladimir Lenin revient constamment à l’esprit : « Il y a des décennies où rien ne se produit et des semaines où des décennies se produisent. » Pour les marchés, toutefois, la question la plus importante n’est pas de savoir si des décennies d’événements se sont produites en une seule semaine, mais si ces événements étaient inattendus. En regardant ceux de la semaine dernière – de la décision de la Cour suprême concernant les droits de douane, aux tensions entre les États-Unis et l’Iran en passant par les données sur l’économie et l’inflation –, la réponse est essentiellement « non ».
La Cour suprême annule les droits de douane de D. Trump
La Cour suprême des États-Unis a annulé vendredi les droits de douane institués par le président Trump l’an dernier en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) dans une décision prise à six contre trois1. Était-ce un choc? Pas particulièrement.
On s’attend maintenant à ce que le Bureau du représentant au Commerce des États-Unis passe à un plan B, en rétablissant potentiellement ces tarifs par le biais de l’article 338 de la Tariff Act of 1930, de l’article 122 de la Trade Act of 1974, de l’article 232 de la Trade Expansion Act of 1962 ou de l’article 301 de la Trade Act of 1974, ou d’une combinaison de ces articles.
La décision de la Cour suprême n’offre aucune indication concernant d’éventuels remboursements, notamment quant à leur caractère obligatoire ou non, et nous ne nous attendons pas à ce qu’ils aient lieu de sitôt, s’ils ont lieu un jour.
Les taux obligataires ont légèrement augmenté en réaction, mais le taux de 4,72 % des obligations du Trésor américain à 30 ans laisse penser que le marché demeure largement indifférent à la viabilité de la dette américaine2.
Les tensions s’intensifient entre les États-Unis et l’Iran
L’attention s’est ensuite tournée vers la montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Là encore, ce n’était pas une surprise. Ces risques sont bien signalés depuis un certain temps.
Du point de vue des placements, nous croyons que les événements géopolitiques doivent toujours être évalués dans l’idée de déterminer s’ils modifient de façon importante la croissance mondiale ou les mesures des banques centrales mondiales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed). L’Iran est une économie relativement petite et, bien qu’elle produise environ 3 % à 4 % de l’offre mondiale de pétrole, la plus grande partie est exportée vers la Chine3.
Les prix du pétrole ont augmenté sous l’effet des tensions, mais à partir de niveaux relativement bas, et la croissance de l’offre mondiale continue de surpasser la demande, les stocks devant augmenter en 20264. Il n’y a pas de choc pétrolier digne des années 1970 et il est peu probable, selon nous, que la situation modifie la politique expansionniste de la Fed. Par conséquent, nous ne nous attendons pas à ce que ces événements fassent dérailler les marchés boursiers mondiaux ou mettent fin au cycle économique. L’histoire confirme ce point de vue, l’indice MSCI Monde tous pays ayant progressé de 14,28 % au cours des six mois qui ont suivi le début de la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran le 13 juin 20255.
Les nouvelles données économiques aux États-Unis ont été plus faibles que prévu
Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis s’est révélé plus faible que prévu6 et l’inflation, mesurée par les dépenses personnelles de consommation (DPC) de base, un peu plus élevée7.
Est-ce surprenant? Peut-être au niveau du PIB global, mais la faiblesse est principalement attribuable au report de dépenses publiques. La consommation aux États-Unis est demeurée saine et les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) se sont poursuivis à un rythme soutenu. La vigueur des DPC de base est en grande partie attribuable à l’inflation des prix des services plutôt que des biens et reflète une demande sous-jacente raisonnablement solide. Nous nous attendons à ce que l’inflation ralentisse au fil du temps, quand les gains de productivité découlant de l’IA se feront plus évidents. Nous ne croyons pas que cela change la trajectoire de la Fed.
En résumé : Les paramètres fondamentaux des actions demeurent solides
En bref, on peut avoir l’impression qu’une décennie se produit chaque semaine, mais nous croyons que les paramètres fondamentaux des marchés boursiers demeurent solides, avec une croissance nominale relativement forte et une banque centrale américaine qui devrait encore réduire les taux d’intérêt.