Avant la récente escalade entre les États-Unis et l’Iran, j’avais l’intention d’ouvrir la chronique Au-dessus de la mêlée de ce mois-ci sur une note plus personnelle. Ma fille aînée aura 18 ans ce mois-ci. Depuis la naissance de mes filles (sa sœur cadette a 15 ans), on m’a mis en garde à maintes reprises au sujet de l’adolescence. Les jeunes traversent tout simplement beaucoup de choses à cet âge, émotionnellement, socialement et mentalement, dont une grande partie hors de leur contrôle.
Cette perspective façonne souvent ma façon de penser aux marchés. Il se passe toujours beaucoup de choses. Chaque cycle apporte son lot d’inquiétudes, de chocs et de scénarios qui mettent nos nerfs à l’épreuve et exigent notre attention. Le conflit en cours entre les États-Unis et l’Iran est simplement le plus récent d’une longue liste d’événements qui ont perturbé les investisseurs au fil du temps.
Comme la situation en est encore à ses débuts, je tiens à souligner trois points clés.
Premièrement, l’histoire nous apprend beaucoup. Les marchés se sont généralement montrés résilients après des chocs géopolitiques. Souvent, les marchés boursiers ont produit des rendements positifs au cours des 12 mois suivant les grands événements militaires. Nous avons examiné 11 périodes de l’histoire où l’indice du risque géopolitique a atteint un sommet (de la crise des missiles de Cuba en 1962 au conflit entre Israël et le Hamas en 2023) et le rendement de l’indice S&P 500 12 mois après ce sommet. Dans la plupart des cas, le marché boursier a progressé au cours de l’année qui a suivi le sommet de l’indice du risque géopolitique, avec une hausse moyenne de 15,3 % pour l’ensemble des 11 conflits1.
Deuxièmement, en tant que stratège de marché, j’envisage toujours de tels événements selon la même optique. Cela modifie-t-il considérablement la trajectoire de la croissance mondiale ou de la politique des banques centrales? Dans la plupart des cas, la réponse est non. Pour que cela change maintenant, il nous faudrait probablement une fermeture prolongée du détroit d’Hormuz, par où transite environ 20 % de l’offre mondiale de pétrole, et une flambée soutenue des prix du pétrole2. Les mots clés sont ici « prolongée » et « soutenue ». Bien que ce risque existe, ce n’est pas notre scénario de base.
Troisièmement, l’économie mondiale dépend moins du pétrole aujourd’hui qu’au cours des dernières décennies, et nous nous attendions déjà à ce que la croissance de l’offre de pétrole dépasse la demande cette année3.
Par conséquent, nous ne changeons pas notre perspective positive sur les actions, mais nous surveillerons l’évolution de la situation de près.
Appel à un ami
J’ai reçu suffisamment de questions sur l’IA ce mois-ci pour appeler deux amis pour en parler!
La bulle de l’IA est-elle en train d’éclater? J’ai posé la question à Justin Livengood, gestionnaire de portefeuille principal de la stratégie de croissance à moyenne capitalisation d’Invesco. Voici sa réponse :
« Non, et je ne crois pas qu’il existe une bulle de l’IA à faire éclater. Certains segments du marché se sont emballés et sont maintenant en phase de correction. C’est une distinction importante. Ce que nous observons en ce moment ressemble beaucoup plus à une remise à plat du positionnement, de la confiance et des évaluations qu’à un effondrement de la thèse sous-jacente sur l’IA.
Il y a eu des excès accumulés dans des secteurs comme les logiciels. Bon nombre de ces sociétés sont toujours confrontées à l’incertitude concernant leur modèle d’affaires, leur pouvoir de fixation des prix et la façon dont l’IA finit par remodeler la demande, et il n’y a pas encore de catalyseurs clairs pour inverser ce discours. En bref, le marché est devenu plus discriminatoire.
Les facteurs de la demande semblent toutefois encore bien réels. Les dépenses en immobilisations se poursuivent, et les principaux acteurs qui financent ce cycle ont des bilans extrêmement solides4. S’il s’agissait d’une véritable bulle en éclatement, on observerait un gel des dépenses en immobilisations et un effondrement de la prévisibilité des bénéfices dans l’ensemble de l’écosystème. Or, nous avons observé le contraire dans les semi-conducteurs, les infrastructures et les secteurs liés à l’électricité ».
Pourquoi les titres de certains gestionnaires d’actifs axés sur le crédit direct et le crédit privé ont-ils fortement dévissé cette année? J’ai posé la question à Ronald Kantowitz, chef des titres de créance privés au sein du groupe Titres de créance privés mondiaux d’Invesco. Voici sa réponse :
« Depuis longtemps, le secteur des logiciels est l’un de ceux auxquels le prêt direct est le plus exposé, représentant souvent 25 % ou plus des engagements pour ces types de crédit5. Historiquement, le secteur a bénéficié de revenus récurrents, de marges saines et de solides flux de trésorerie disponibles6. Récemment, les pressions soutenues sur le déploiement du capital ont fait grimper les évaluations et l’effet de levier, en plus de diluer l’efficacité de la documentation destinée aux prêteurs7. La récente volatilité des titres de créance liés au segment des logiciels a démontré l’importance de souscrire avec rigueur et de structurer avec prudence.
On a dit
« À l’heure actuelle, le Dow Jones a dépassé 50 000. Le S&P est proche de 7 000 et le Nasdaq bat tous les records »
– Pam Bondi, procureure générale des États-Unis.
Cette citation me permet d’aborder l’un de mes points préférés. Oui, l’indice Dow Jones des valeurs industrielles a brièvement atteint 50 000. Et il y a 1 an et demi, il a atteint 40 000 sous la présidence de Joe Biden. Et trois ans et demi plus tôt, il avait atteint 30 000 au cours du premier mandat du président Trump. Et quatre ans auparavant, il avait atteint 20 000 au cours du mandat du président Obama8.
Cela ne devrait donc pas être une surprise. Les moyennes des marchés boursiers reflètent la croissance de l’économie aux États-Unis et dans le monde. Si nous croyons que le monde continuera de s’améliorer, alors nous nous attendons à ce que les marchés évoluent à la hausse sur de longues périodes et atteignent de nombreux nouveaux sommets, peu importe le président.
Penser/repenser
Quelle est l’hypothèse que de nombreuses personnes croient juste, et quelle est la réalité?
Pensez à ce qui suit : La taille de la dette américaine n’est pas viable et les investisseurs perdent de plus en plus l’envie d’investir dans les titres du Trésor américain.
Repensez : Lors de la vente aux enchères du 12 février, le Trésor américain a vendu pour 25 G$ d’obligations à 30 ans, avec un ratio acheteur-couverture de 2,66, ce qui signifie qu’il y avait 2,66 fois plus d’argent prêt à acheter ces obligations que d’obligations disponibles9.
Sur la route
Mes déplacements en 2026 m’ont déjà amené à Orlando, Phoenix, Austin, Chicago, Atlanta, Orange County et Palm Beach. On dirait une chanson de Huey Lewis and the News! Je n’aurais peut-être pas dû dire à ma femme pendant la pandémie de COVID-19 que les rencontres virtuelles remplaceraient désormais les voyages. La dernière tournée de The Who n’a jamais été vraiment la dernière. Je ne me plains pas. Je suis ravi que les clients veuillent toujours des rencontres en personne. L’IA ne remplace peut-être pas encore les liens humains!