Marchés et économie

Au-dessus de la mêlée : Une base solide pour les marchés

Jardinière avec un chapeau de paille, admirant son jardin.

Points importants à retenir

1

La hausse des prix de l’essence fait manifestement mal, mais ce qui compte le plus, c’est la part du revenu qu’elle représente, laquelle laisse encore entrevoir un obstacle à la confiance plutôt qu’un véritable choc des dépenses.

2

La conjoncture économique est relativement stable, mais l’équilibre des risques pourrait devenir moins favorable si les attentes d’inflation continuent d’augmenter.

3

Les écarts de taux serrés, la croissance limitée de l’endettement et la vigueur des bénéfices ont continué de souligner la résilience économique sous-jacente.

Ma fille aînée sera parmi les quelque 3,7 millions de jeunes adultes aux États-Unis qui obtiendront leur diplôme d’études secondaires au cours des prochaines semaines, et elle fait partie d’une cohorte qui affiche un taux d’obtention de diplôme de près de 90 %, ce qui est presque un sommet record.1 Comme on pouvait s’y attendre, on ne m’a pas demandé de faire un discours de remise des diplômes, mais je ressens tout de même le besoin de dire quelque chose à cette cohorte :

Tout d’abord, félicitations. Si vous avez réussi à prendre du temps entre les célébrations en lien avec la remise des diplômes et les bed parties (tendance sur les médias sociaux qui consiste à décorer le lit d’un diplômé avec des choses représentant l’université où ce dernier a été admis) pour parcourir les manchettes, vous avez probablement entendu dire que vous accuserez un retard sur le niveau de vie de vos parents et que votre génération pourrait être à la tête d’un long déclin aux États-Unis. Ne croyez pas à ce scénario de déclin! Je suis né en 1976, lorsque beaucoup croyaient que la prospérité américaine avait déjà atteint son sommet. Dix-huit ans plus tard, j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires et je faisais partie d’une « génération de lâches » qui, nous a-t-on dit, ne réaliserait jamais grand-chose. On repassera!

Il est vrai que vous n’avez pas eu la vie facile. Votre cohorte n’a pas seulement grandi rapidement (du moins, selon moi), elle a dû s’adapter rapidement. Vous êtes nés en pleine crise financière, avez fait vos études pendant la pandémie et avez été influencés par les tensions sociales et les changements technologiques rapides. Pourtant, vous avez fait preuve d’une résilience remarquable. Vous êtes prêts pour ce moment. Vous êtes aussi instruits, sensibilisés à l’échelle mondiale, compétents sur le plan technologique, diversifiés et respectables que n’importe quelle cohorte de l’histoire récente. L’avenir n’est pas quelque chose à craindre, mais à bâtir.

Grâce à vous, le monde est sur le point de s’améliorer grandement.

Il peut s’agir d’un biais de confirmation, mais…

… la récente flambée des prix de l’essence ne devrait pas faire dérailler la consommation comme l’on craignait. Ce qui compte vraiment, ce n’est pas le prix à la pompe, même s’il fait clairement mal, mais la part du revenu qu’il représente.

Aux États-Unis, les dépenses en essence étaient inférieures à 2 % du revenu personnel disponible à la fin de mars. (Voir le graphique ci-dessous.) Il s’agit d’un niveau inférieur d’un écart-type à la moyenne à long terme depuis 1958, et les prix étaient déjà supérieurs à 4 $ le gallon. C’est très différent des chocs énergétiques précédents. Dans les années 1970, l’essence représentait plus de 3 % du revenu et s’est finalement établie dans une fourchette de 4,0 % à 4,5 % au début des années 1980, des niveaux qui ont vraiment évincé d’autres formes de dépenses2.

Rien de tout cela ne vise à ignorer les difficultés. Payer de 60 $ à 70 $ ou plus pour faire le plein est une réalité3, et c’est encore plus difficile, sachant que le fardeau pèse beaucoup plus lourdement sur les ménages à faible revenu. Mais les calculs sont importants. À l’heure actuelle, cela donne à penser qu’il est plus probable qu’il s’agisse d’un obstacle à la confiance plutôt que d’un véritable choc des dépenses, et qu’il est peu probable que cette situation à elle seule fasse tomber l’économie en récession.

Puisque vous m’avez posé ces questions… (partie 1)

Q. : Craignez-vous que le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, soit mis à l’épreuve par le marché au début de son mandat, comme c’est souvent le cas?

R. : M. Warsh entre en fonction à un moment difficile, les pressions politiques pour une baisse des taux d’intérêt entrant en conflit avec la hausse des attentes d’inflation.4 Toutefois, l’idée que le marché teste les nouveaux présidents de la Fed n’est qu’une coïncidence, selon moi.

L’idée pourrait remonter à octobre 1987, lorsque le marché boursier s’est effondré seulement deux mois après l’entrée en fonction d’Alan Greenspan.5 Et oui, Ben Bernanke a connu les premiers stades du repli du marché de l’habitation, et Janet Yellen est entrée juste après le début du Taper Tantrum. Toutefois, ces exemples témoignent davantage des difficultés à un moment précis que d’un défi délibéré du marché.

En fait, les données n’appuient pas l’idée d’un test de résistance automatique pour les nouveaux présidents de la Fed. Le rendement moyen de l’indice S&P 500 sur six mois après le début des six derniers mandats de présidence de la Fed est de 3,60 %, avec un large éventail de rendements, dont 19,64 % pour G. William Miller, 10,37 % pour Paul Volcker, -25,27 % pour Alan Greenspan, -0,90 % pour Ben Bernanke, 10,52 % pour Janet Yellen, et 7,23 % pour Jerome Powell.6 Cette dispersion donne à penser que chaque président hérite d’un contexte différent, et que les marchés réagissent aux données fondamentales, et non aux mandats.

Puisque vous m’avez posé ces questions… (partie 2)

Q. : Vous avez constamment parlé des écarts de taux serrés. Pensez-vous que nous observons des changements structurels qui soutiennent cette situation, en particulier en ce qui a trait à la croissance du marché du crédit privé?

R. : Les écarts de taux du crédit public se sont resserrés depuis le début du conflit avec l’Iran,7 et je considère toujours que c’est notre meilleur signe en temps réel de la vigueur sous-jacente des entreprises américaines et de l’économie en général. Il est vrai que les tensions sur les marchés privés peuvent émerger plus lentement. Toutefois, si des problèmes systémiques survenaient au sein du crédit privé, ils se répercuteraient probablement sur les marchés publics, avec un élargissement des écarts de taux des obligations à rendement élevé et une hausse des swaps sur défaillance de crédit, surtout compte tenu du chevauchement au niveau des emprunteurs dans ces écosystèmes. Ce qui continue de me rassurer, c’est la croissance limitée de l’endettement des sociétés américaines depuis la pandémie.8 Cela ne ressemble tout simplement pas à une économie surendettée. Ce contexte renforce le message des marchés du crédit selon lequel les assises demeurent solides.

On a dit

« Attendez-vous à une désinflation importante après la publication d’une ou deux autres données élevées sur l’inflation. »

– Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain

La donnée élevée sur l’inflation dont il parlait est l’augmentation de 3,8 % de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis par rapport à il y a un an.9 La question la plus importante est de savoir si cela s’avère être une autre flambée temporaire ou le début de quelque chose de plus persistant, et si le secrétaire au Trésor a raison de dire que la désinflation suivra.

Les attentes d’inflation fondées sur le marché ont augmenté; les attentes sur trois ans s’établissent à 2,80 % et celles sur cinq ans, à 2,60 %, dépassant nettement le niveau d’environ 2,25 % du début de l’année.10 Ces fluctuations ne sont pas négligeables, mais les attentes se situent toujours dans une fourchette qui peut être décrite comme étant compatible avec la stabilité des prix. Parallèlement, les marchés ont commencé à tenir compte d’un resserrement supplémentaire de la Fed, avec au moins une hausse de taux prévue d’ici le printemps 2027.

On me demande souvent ce qui me rendrait plus prudent à l’égard des actions. Une hausse soutenue des attentes d’inflation et une approche plus active de la Fed seraient un point de départ évident. Nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, je dirais toujours que le contexte est relativement stable, mais l’équilibre des risques pourrait devenir moins favorable si les attentes d’inflation continuent d’augmenter.

Penser/repenser

Pensez à ce qui suit : Les marchés haussiers se sont nettement écartés des données fondamentales sous-jacentes.

Repensez : Les bénéfices des sociétés sont demeurés solides. Les sociétés de l’indice S&P 500 ont maintenant enregistré une croissance des bénéfices à deux chiffres pendant six trimestres consécutifs11. Fait important, la vigueur a été généralisée, neuf des onze secteurs ayant dépassé les attentes au cours de la dernière période de publication12.

Sur la route

Mes déplacements m’ont mené à Fort Lauderdale pour le Barron’s Advisors Team Summit, où j’ai eu l’occasion de manger aux côtés de Roger Carstens, envoyé spécial du président des États-Unis pour les affaires liées aux prises d’otages. Son message était clair. Dans les situations où les enjeux sont les plus importants, le succès passe par la discipline, la patience et la perspective. Une prise de décision lente et délibérée surpasse les réactions émotives, surtout lorsque l’incertitude est élevée. L’important est de comprendre les motivations de l’autre partie, d’établir un lien de confiance avant d’essayer d’influencer, et de rester calme lorsque les autres ne le peuvent pas.

Vous ne pouvez pas contrôler le contexte, mais vous pouvez contrôler votre processus, votre comportement et votre préparation. Au fil du temps, l’information peut s’améliorer, les émotions s’estompent et de meilleurs résultats peuvent devenir possibles pour ceux qui sont prêts à écouter, à garder le cap et à laisser le temps jouer en leur faveur.

Il n’est pas difficile d’établir un lien avec les placements.

  • 1

    Source : National Center for Education Statistics, mars 2026.

  • 2

    Source : US Bureau of Economic Analysis, mars 2026.

  • 3

    Source : American Automobile Association, au 18 mai 2026, selon un prix de 4,50 $ le gallon d’essence et un réservoir de 14 gallons.

  • 4

    Source : Bloomberg, L.P., au 18 mai 2026, selon le taux d’inflation neutre sur 5 ans des États-Unis. Un taux d’inflation neutre est une estimation de l’inflation future fondée sur le marché, calculée en comparant le taux d’une obligation d’État standard (nominal) au taux d’une obligation du Trésor indexée sur l’inflation (TIPS) de la même échéance.

  • 5

    Source : Bloomberg, L.P., au 18 mai 2026. Alan Greenspan est devenu président de la Fed le 11 août 1987, selon le rendement sur un jour de l’indice S&P 500 le 19 octobre 1987.

  • 6

    Source : Bloomberg, L.P., au 18 mai 2026. Jerome Powell – 5 févr. 2018; Janet Yellen – 3 févr. 2014; Ben Bernanke – 1er févr. 2006; Alan Greenspan – 11 août 1987; Paul Volcker – 6 août 1979; et G. William Miller – 8 mars 1978.

  • 7

    Source : Bloomberg, L.P., au 18 mai 2026, selon l’écart ajusté en fonction des options de l’indice Bloomberg US Corporate High Yield Bond, qui mesure le marché des obligations de sociétés à rendement élevé, à taux fixe et libellées en dollars américains.

  • 8

    Source : Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine, mars 2026, selon la variation annuelle en pourcentage des titres de créance et des prêts des sociétés non financières.

  • 9

    Source : US Bureau of Labor Statistics, avril 2026.

  • 10

    Source : Bloomberg, L.P., au 18 mai 2026, selon les taux d’inflation neutres sur 3 ans et sur 5 ans des États-Unis. Un taux d’inflation neutre est une estimation de l’inflation future fondée sur le marché, calculée en comparant le taux d’une obligation d’État standard (nominal) au taux d’une obligation du Trésor indexée sur l’inflation (TIPS) de la même échéance.

  • 11

    Source : Bloomberg, L.P., au 31 mars 2026, selon la croissance des bénéfices par action des sociétés de l’indice S&P 500.

  • 12

    Source : Bloomberg, L.P., au 31 mars 2026, selon la croissance des bénéfices par action des sociétés de l’indice S&P 500.

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