Par exemple, lorsqu’une société privée gagne 60 000 $ en revenu de placement passif, la première tranche de 50 000 $ de revenu de placement passif sera exonérée d’impôt et n’aura aucune incidence sur la déduction accordée aux petites entreprises. L’excédent de 10 000 $ en revenu de placement passif réduira le plafond de déduction accordé aux petites entreprises de 5 $ pour chaque dollar en excédent du plafond de 50 000 $. Dans cet exemple, le plafond de déduction disponible pour les petites entreprises serait réduit de 50 000 $ en conséquence (5 $ * 10 000 $ = 50 000 $).
Le plafond de déduction pour les petites entreprises est également diminué lorsque l’ensemble du capital imposable de la société (et de ses sociétés associées) dépasse 10 millions de dollars, et il est entièrement éliminé lorsque ce capital atteint 50 millions de dollars.
La réduction de l’accès à la déduction pour les petites entreprises a pour but de cibler les sociétés privées qui présentent des niveaux accrus de bénéfices non répartis investis pour produire des revenus à partir de placements passifs; cette réduction décourage ainsi les sociétés à s’adonner à cette activité.
Compte de dividendes déterminés
Certains dividendes peuvent être versés par la société privée à ses actionnaires en franchise d’impôt. Le versement de ces dividendes fait l’objet d’un suivi au sein de la société privée dans un compte théorique appelé « comptes de dividendes déterminés » (CDD). La société accumulera divers montants libres d’impôt qui doivent faire l’objet d’un suivi dans le CDD et veillera à ce que les montants libres d’impôt qu’elle reçoit demeurent exonérés d’impôt entre les mains de ses actionnaires lorsqu’ils sont distribués. Le CDD est un solde courant, et l’émission de dividendes déterminés réduira le CDD. Les montants courants à l’abri de l’impôt qui s’accumulent dans le CDD sont les suivants :
- La partie libre d’impôt des gains en capital réalisés par la société associé au montant supérieur à la partie non déductible des pertes en capital
- Les sommes reçues en franchise d’impôt associées aux paiements d’assurance vie
- Les gains en capital non imposables et distributions de dividendes déterminés provenant de fiducies
- Les dividendes déterminés reçus d’autres sociétés
- 100 % des gains en capital sur les titres admissibles donnés en nature
Le CDD est un mécanisme important pour qu’une société privée sous contrôle canadien puisse s’assurer que les montants non imposables accumulés au sein de la société demeurent non imposables pour l’actionnaire. Ce mécanisme assure la continuité et l’équité du régime fiscal, car un traitement semblable non imposable est offert aux actionnaires d’une société privée qui auraient autrement reçu ces montants libres d’impôt à titre de particulier s’ils avaient investi directement.
Quelques facteurs à prendre en compte en ce qui concerne le CDD
1. Envisager de distribuer les soldes positifs du CDC plus tôt – En règle générale, il est judicieux pour la SPCC de verser dès que possible, à partir du solde du CDD, un dividende déterminé libre d’impôt à ses actionnaires afin de maximiser le montant provenant du CDD. En effet, si des pertes en capital surviennent à l’avenir, elles réduiront le solde du CDD et le dividende déterminé qui pourra être versé à l’abri de l’impôt.
2. Assurance vie de société pour les conventions d’achat et de vente – Un outil couramment utilisé pour financer les conventions d’achat et de vente est l’assurance vie, qui peut être utilisée pour garantir que la société dispose de suffisamment de fonds pour acheter les actions d’un actionnaire décédé à sa succession. Lorsque la société détient l’assurance, elle peut être beaucoup plus avantageuse sur le plan fiscal que si le particulier qui la détient personnellement, en supposant que la société est assujettie à un taux d’imposition sur le revenu inférieur à celui du particulier, car elle a besoin d’un revenu moindre avant impôt pour payer les primes d’assurance. De plus, si la société détient le contrat d’assurance, à la réception de la prestation de décès libre d’impôt, le montant du produit par rapport au prix de base rajusté (PBR) du contrat est crédité au compte de dividendes déterminés (CDD) de la société. Cela permet à la société de verser des dividendes déterminés libres d’impôt à ses actionnaires, même si la méthode dépend de la convention proprement dite. En général, il peut être possible que la société achète les actions de la succession ou que les actionnaires survivants reçoivent des fonds de la société (au moyen de billets à ordre) pour acheter les actions directement de la succession.
3. Examen stratégique des éléments qui donnent lieu à un solde de CDD – Examiner attentivement les biens qui pourraient créditer ou débiter le solde du CDD et mettre en œuvre une stratégie visant à maximiser les paiements à l’abri de l’impôt. Par exemple, choisir de donner la priorité à la cristallisation des biens avec les gains accumulés pour garantir que le CDD bénéficie d’un crédit positif, puis distribuer ce solde sous forme de dividende libre d’impôt aux actionnaires. Tout bien restant qui se trouve dans une position de perte latente peut ensuite être cristallisé, ce qui donnera lieu à un crédit négatif au CDD qui sera comptabilisé à partir de ce moment.
4. Examiner attentivement la répartition de l’actif des placements – La sélection des produits de placement est une étape importante pour maximiser l’efficience fiscale des placements au sein d’une structure de société. Les placements qui visent à générer un patrimoine à long terme, plutôt qu’un revenu, se traduisent habituellement par les résultats les plus favorables après impôt, à condition qu’ils soient considérés comme appropriés compte tenu des objectifs de placement.
Comme c’est le cas pour la plupart des initiatives de planification fiscale, il est essentiel de comprendre les répercussions en aval de toute opération envisagée avant son exécution afin de maximiser les résultats en matière d’impôt sur le revenu.
Revenu de placement passif tiré d’une société privée : l’aspect désavantageux sur le plan fiscal
Il n’est généralement pas avantageux sur le plan fiscal de gagner un revenu de placement passif au sein d’une société, comme l’indique le tableau ci-dessous. Dans presque tous les cas, le fait de gagner les divers types de nature du revenu de placement (nous voyons ici les intérêts, les gains en capital et les dividendes canadiens) se traduit par un coût fiscal global en raison de la sous-intégration des taux d’imposition indiqués dans la colonne « Économies ou (coût) ». La colonne « Report ou (prépaiement) » compare l’impôt sur les sociétés initial à payer (avant l’émission de dividendes) à l’impôt qu’un actionnaire devrait payer s’il avait investi personnellement (en supposant que l’actionnaire se trouvait dans la tranche d’imposition marginale la plus élevée). Autrement dit, un report signifie que l’impôt à payer pour un particulier (imposé au taux marginal le plus élevé) est supérieur à l’impôt de société initial à payer sur le même revenu de placement. Un prépaiement est le contraire, à savoir que l’impôt à payer pour un particulier est inférieur à l’impôt de société initial à payer sur le revenu de placement.