Marchés et économie

Les indicateurs donnent à penser que le marché n’a probablement pas encore atteint son creux

Image brouillée de personnes marchant dans Lower Manhattan, à New York.

Points importants à retenir

Cycle économique

1

Les indicateurs cycliques que nous privilégions évoluent dans la mauvaise direction, mais ils ne laissent pas entrevoir de catastrophe.

Transition vers un ralentissement

2

Sur le plan tactique, la situation s’est dégradée. Notre signal d’expansion mondiale de courte durée s’est orienté vers un ralentissement.

Creux du marché

3

Le marché a-t-il déjà atteint son creux? Selon nos indicateurs préférés de creux du marché, la réponse pour l’instant est probablement non.

Lorsque vous avez de l’expérience dans le domaine des stratégies macroéconomique et de marché, on s’attend à ce que vous puissiez avoir une opinion sur tout. Par exemple, je n’étais pas microbiologiste en 2020 pendant la pandémie de COVID-19, même si j’ai souvent eu l’impression d’être poussé à prétendre en être un à la télévision. De la même façon, je ne suis pas un stratège militaire aujourd’hui ni un expert de la pensée intérieure du président américain Trump, du premier ministre israélien Nétanyahou ou du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. C’est probablement mieux comme ça. Si vous vous persuadez que vous comprenez les motivations et les objectifs des dirigeants politiques et militaires, les marchés vous remettront probablement à votre place en très peu de temps.

La semaine dernière nous l’a rappelé. À plusieurs reprises, les marchés ont laissé entendre que la guerre s’intensifiait, puis qu’elle touchait à sa fin avant de s’intensifier à nouveau1. Tenter de réagir à chaque manchette conduit inéluctablement à une douche froide. Dans des périodes comme celle-ci, nous revenons à ce que nous faisons le mieux. Nous nous concentrons sur l’interprétation de ce que les marchés eux-mêmes nous révèlent.

Les indicateurs du cycle économique n’ont montré qu’une détérioration graduelle

Commençons par le cycle économique. Comme nous l’avons dit, les indicateurs cycliques que nous privilégions évoluent dans la mauvaise direction, mais ils ne laissent pas entrevoir de catastrophe. Les écarts de taux se sont légèrement creusés2, les attentes inflationnistes ont progressé3, et le dollar américain s’est légèrement raffermi4. La hausse des attentes inflationnistes a incité les investisseurs à tabler sur de nouvelles hausses de taux de la part de la Banque centrale européenne, de la Banque d’Angleterre et même de la Banque du Japon5.

Dans l’ensemble, cette détérioration graduelle, mais non significative, des indicateurs de cycle donnent à penser que les marchés semblent toujours croire à une sortie de crise et à une éventuelle reprise de l’expansion une fois l’incertitude à court terme estompée.

Les signaux mondiaux suggèrent un ralentissement

Sur le plan tactique, la situation s’est dégradée. Notre signal d’expansion mondiale de courte durée s’est orienté vers un ralentissement. L’humeur à l’égard du risque s’est détériorée6 et, même si de nombreux indicateurs avancés sont demeurés relativement stables7, ils pourraient suivre l’humeur et la confiance et se détériorer. Nous en avons eu de premiers signes la semaine dernière. La confiance des consommateurs s’est affaiblie8 et l’activité dans le secteur des services de l’Institute of Supply Management (ISM) a ralenti9. Il ne s’agissait pas des données d’une récession, mais la dynamique s’est évaporée.

Le marché a-t-il touché son creux? Probablement pas.

Cela nous amène à nous projeter sur les prochaines semaines et à la question que de nombreux investisseurs se posent. Les principaux indices boursiers ont déjà dévissé. L’indice Dow Jones des valeurs industrielles a reculé d’environ 10 %10. L’indice S&P 500 le suit de près11. L’indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis a reculé de plus de 11 %12. Le marché a-t-il déjà atteint son creux? Selon nos indicateurs préférés de creux du marché, la réponse pour l’instant est probablement non.

  • L’humeur des investisseurs est devenue moins optimiste, mais elle n’a pas atteint les extrêmes habituellement associés aux creux durables. L’enquête sur la confiance des investisseurs de l’American Association of Individual Investors (AAII) a révélé que les investisseurs pessimistes étaient plus nombreux que les optimistes d’environ 20 points de pourcentage. Lors des précédents creux du marché, cet écart était souvent plus proche de 5013.
  • La volatilité a augmenté, mais elle n’a pas atteint des niveaux qui ont généralement coïncidé avec un sentiment de panique. L’indice VIX, par exemple, ne s’est pas approché de 4014.
  • Les données techniques se sont également encore détériorées. L’indice S&P 500 est passé sous sa moyenne mobile sur 200 jours, ce qui peut être un avertissement plutôt qu’un signal clair. Lors du creux du marché en 2022, il avait fini par se négocier à 16 % sous ce niveau avant de trouver des assises plus solides15.

Bien sûr, rien de tout cela ne comptera si une publication sur les réseaux sociaux déclare aujourd’hui la fin de la guerre. Mais encore une fois, qui suis-je pour le savoir?

Quelles sont les conséquences pour les investisseurs?

À l’occasion, je peux me retrouver à jouer le rôle d’un stratège militaire à la télévision, mais, dans la pratique, je m’en tiens fermement à ce que le marché lui-même signale. À court terme, les marchés pourraient encore fluctuer avant qu’un creux durable soit atteint. Sur le plan tactique, je crois qu’un contexte de ralentissement justifie le maintien de l’exposition aux actions, mais en mettant davantage l’accent sur la qualité et les secteurs plus défensifs du marché. À plus long terme, nous pouvons peut-être nous consoler de savoir que les marchés indiquent que le cycle dans son ensemble n’est pas encore terminé et que l’épisode en cours lui aussi se terminera.

Ce qu’il faut surveiller cette semaine

Date

Région

Événement

Pourquoi est-ce important?

6 avril

Monde

Lundi de Pâques (certains marchés sont fermés)

La diminution de la liquidité et du volume des opérations peut amplifier la volatilité sur les marchés ouverts

7 avril

États-Unis

Commandes de biens durables (février)

Donne les tendances des investissements des entreprises et la dynamique du secteur manufacturier

8 avril

États-Unis

Procès-verbal de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) (mars)

Donne un aperçu du débat sur la politique monétaire et de la trajectoire future des taux de la Réserve fédérale

 

Zone euro

Ventes au détail (févr.)

Indicateur clé de la demande des consommateurs et de la dynamique économique

9 avril

États-Unis

Revenu personnel et dépenses/inflation des DPC (févr.)

Indicateur essentiel de la vigueur de la consommation et mesure de l’inflation privilégiée par la Fed

 

États-Unis

Produit intérieur brut (PIB) (T4, troisième estimation)

Confirme les tendances de croissance et les révisions peuvent avoir une incidence sur les perspectives macroéconomiques

10 avril

États-Unis

Indice des prix à la consommation (IPC) (mars)

Principal indicateur d’inflation; grande influence sur les taux d’intérêt et les marchés

 

Canada

Rapport sur l’emploi (mars)

Évalue la vigueur du marché de l’emploi et éclaire les attentes de la Banque du Canada en matière de politique

  • 1

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, sur la base des fluctuations des cours de l’indice S&P 500 au cours de la semaine du 30 mars 2026, qui a reculé en début de semaine, s’est redressé en milieu de semaine et a plongé de nouveau en fin de semaine.

  • 2

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026. Les écarts de crédit sont basés sur l’écart ajusté en fonction des options de l’indice Bloomberg US Corporate Bond et de l’indice Bloomberg US Corporate Bond.

  • 3

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le taux d’inflation neutre des obligations du Trésor américain à 5 ans. Un taux d’inflation neutre est une estimation de l’inflation future fondée sur le marché, calculée en comparant le taux d’une obligation d’État standard (nominal) au taux d’une obligation du Trésor indexée sur l’inflation (TIPS) de la même échéance.

  • 4

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon l’indice du dollar américain, qui mesure la valeur du dollar américain par rapport à un panier de devises pondérées en fonction des échanges.

  • 5

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le taux implicite de la banque centrale.

  • 6

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le rendement sur un mois de l’indice Bloomberg US Aggregate Bond par rapport à l’indice S&P 500.

  • 7

    Source : US Conference Board, selon l’indice des indicateurs économiques avancés du Conference Board des États-Unis.

  • 8

    Source : Université du Michigan, au 31 mars 2026.

  • 9

    Source : Institute for Supply Management, au 28 février 2026.

  • 10

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le recul de 10,01 % de l’indice Dow Jones des valeurs industrielles, du sommet du 10 février 2026 au récent creux du 27 mars 2026.

  • 11

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le recul de 9,10 % de l’indice S&P 500, du sommet du 27 janvier 2026 au récent creux du 27 mars 2026.

  • 12

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon le recul de 11,23 % de l’indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis, du sommet du 27 février 2026 au récent creux du 27 mars 2026.

  • 13

    Source : American Association of Individual Investors, au 1er avril 2026.

  • 14

    Source : Chicago Board Options Exchange, au 1er avril 2026. L’indice de volatilité (VIX) du Chicago Board Options Exchange est un indicateur du marché financier, conçu pour mesurer en continu la volatilité prévue de l’indice S&P 500; il est calculé à partir de la médiane des cours acheteur-vendeur en temps réel des options sur l’indice S&P 500.

  • 15

    Source : Bloomberg L.P., au 2 avril 2026, selon les rendements de l’indice S&P 500. Le marché avait touché un creux en 2022, après que l’indice S&P 500 eut reculé de 16,89 % par rapport à sa moyenne mobile sur 200 jours.