Marchés et économie

La rigueur compte en période d’incertitude sur les marchés

Overhead of athletes running together on the street

Points importants à retenir

Conséquences économiques

1

Une perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz et la hausse soutenue des prix de l’énergie pèsent sur les investisseurs et l’économie.

Potentiel de reprise

2

La possibilité d’une pause soudaine des hostilités ou de négociations productives pourrait entraîner une forte remontée des marchés sur un jour.

Priorité à la qualité

3

Nous privilégions le maintien des placements, mais en mettant l’accent sur la qualité. Nous croyons que la rigueur est importante dans un contexte d’incertitude.

Le souvenir du 9 avril 2025 pèse lourdement sur les investisseurs. C’est ce jour-là que l’administration Trump a suspendu les droits de douane pendant 90 jours, une semaine après le dévoilement de nouveaux droits de douane généraux le 2 avril lors du « jour de la libération ». Les marchés ont bondi de plus de 9 % en une seule séance, ce qui en fait l’une des trois meilleures journées pour l’indice S&P 500 au cours des 30 dernières années1. Pour ceux qui sont restés fidèles à leur plan financier à long terme, cette journée a été bien accueillie. Ceux qui ont toutefois vendu des actions lors de l’annonce des droits de douane se sont souvenus qu’ils avaient immobilisé leurs pertes. La leçon est simple, mais elle peut être difficile à appliquer en temps réel : les périodes d’incertitude produisent souvent des journées que les investisseurs ne veulent pas rater.

Ce défi est au centre des préoccupations depuis l’escalade du conflit avec l’Iran. Les conséquences économiques d’une perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz et de la hausse soutenue des prix de l’énergie sont faciles à comprendre. Les pressions inflationnistes augmentent, la croissance ralentit et les marges se compressent. Parallèlement, la possibilité d’une pause soudaine des hostilités ou de négociations productives pourrait entraîner une forte remontée des actions sur un jour. On l’a clairement observé la semaine dernière :

  • Les contrats à terme sur actions ont été plus élevés dans la nuit du 22 au 23 mars, à la suite de signaux du président Trump laissant entendre que les États-Unis et l’Iran travaillaient à la conclusion d’une entente2.
  • À la fin de la semaine, cet optimisme s’est estompé et les craintes d’un élargissement du conflit ont refait surface. Les marchés ont réagi aussi rapidement que la confiance a changée3.
  • Au 27 mars, l’indice Dow Jones était officiellement entré en territoire de correction, défini comme une baisse de 10 % à 20 % par rapport au récent sommet4.
  • Les facteurs techniques se sont affaiblis, y compris au sein de l’indice S&P 500, qui est passé sous sa moyenne mobile sur 200 semaines5, ce qui pourrait être un signe avant-coureur d’une nouvelle faiblesse à court terme.

Que nous disent les marchés?

Depuis le début du conflit, on me demande constamment combien de temps il faudrait durer avant qu’on ne commence à craindre une récession économique. Je préférerais que le marché fournisse cette réponse. Par exemple, le marché pétrolier nous raconte une histoire importante. Les prix sont en situation de déport, ce qui donne à penser que les investisseurs s’attendent à ce que les prix de l’énergie soient considérablement plus bas au cours des prochains mois6. Autrement dit, le marché ne semble pas croire que les pressions actuelles persisteront indéfiniment.

De plus, les écarts de taux se sont élargis, quoique de façon modérée seulement7. Les attentes d’inflation ont augmenté, mais demeurent dans une fourchette qui laisse entendre que les prix demeurent stables8. Les marchés ont commencé à attribuer une faible probabilité à une hausse du taux directeur par la Réserve fédérale américaine plus tard cette année, ce qui peut être une possibilité déconcertante, mais il est peu probable qu’elle se concrétise9. L’inflation alimentée par les conflits géopolitiques pourrait donc être plus perçue comme un choc temporaire qu’un problème structurel persistant.

Cela dit, les attentes à l’égard d’une expansion mondiale synchronisée en 2026 se sont estompées. Au début de l’année, les marchés tablaient sur une amélioration généralisée de la croissance dans l’ensemble des régions. Ces perspectives sont devenues moins probables. Un ralentissement semble maintenant plus plausible. L’Asie fait face à des difficultés découlant de la hausse des coûts de l’énergie et de la dépréciation des monnaies. L’Europe est également freinée par la hausse des prix de l’énergie. Alors que les marchés réévaluent le ralentissement de la croissance, nous sommes revenus à l’accent mis sur les actions de qualité supérieure à grande capitalisation et l’exposition au dollar américain pour l’instant.

Plus les tensions géopolitiques persistent, plus la contraction de la croissance mondiale est importante. Il n’est pas nécessaire d’appliquer une théorie économique avancée pour comprendre ce contexte. Pourtant, il convient de noter que le comportement des marchés a été plus ordonné que prévu. Le point à retenir demeure clair :

  • Nous privilégions la conservation des placements, mais nous accordons la priorité à la qualité, y compris les actifs américains pour l’instant.
  • Le moment pourrait être mal choisi pour effectuer des ventes abruptes d’actions, précisément lorsque les marchés pourraient être les plus susceptibles d’enregistrer de fortes reprises.
  • Dans un contexte d’incertitude, nous croyons que la rigueur est plus importante que la conviction pour obtenir des résultats.

Ce qu’il faut surveiller cette semaine

Date

Région

Événement

Pourquoi est-ce important?

30 mars

Allemagne

Indice des prix à la consommation (IPC) préliminaire

Fournit un signal précoce des pressions sur les prix dans la zone euro et de l’orientation potentielle de la politique de la Banque centrale européenne (BCE)

31 mars

États-Unis

Sondage sur la confiance des consommateurs

 

Évalue la confiance des ménages, un facteur clé qui influe sur les dépenses de consommation et la politique de la Réserve fédérale américaine

 

 

Rapport JOLTS sur les postes à pourvoir

Évalue le resserrement du marché de l’emploi, un facteur clé qui influe sur les dépenses de consommation et la politique de la Réserve fédérale américaine

 

Chine

Indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier (PMI)

Fournit des renseignements sur la croissance mondiale et la demande de produits de base et de produits manufacturés

1er avril

États-Unis

Rapport sur l’emploi d’ADP

Aperçu des tendances salariales

 

États-Unis

Indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier

Mesure l’activité et la croissance des entreprises

2 avril

Monde

Fermetures précoces des marchés liées à Pâques

Un contexte de volumes de négociation réduits dans le cadre de congés peut amplifier les fluctuations et la volatilité des marchés

3 avril

États-Unis

Emplois non agricoles

Rapport mensuel le plus important sur le marché de l’emploi; la réaction du marché pourrait être retardée en raison des fermetures de bureaux à l’échelle mondiale liées aux jours fériés

  • 1

    Source : Bloomberg L.P., selon le rendement sur un jour (+9,5 %) de l’indice S&P 500.

  • 2

    Source : Bloomberg L.P., selon l’indice S&P 500. Les contrats à terme avaient augmenté de plus de 2 % avant l’ouverture du marché le lundi 23 mars 2026.

  • 3

    Source : Bloomberg L.P., selon le rendement de l’indice S&P 500 au 26 mars 2026. 

  • 4

    Source : Bloomberg L.P., au 27 mars 2026, selon l’indice Dow Jones, qui a atteint un sommet cette année le 10 février 2026.

  • 5

    Source : Bloomberg L.P., au 27 mars 2026.

  • 6

    Source : Bloomberg L.P., au 26 mars 2026, selon les prix à terme du pétrole brut West Texas Intermediate. Le prix à terme du pétrole brut correspond au prix prédéterminé convenu aujourd’hui pour l’achat ou la vente d’une quantité donnée de pétrole à une date ultérieure. Le West Texas Intermediate (WTI) est un type de pétrole brut léger et non corrosif qui provient des États-Unis. 

  • 7

    Source : Bloomberg L.P., au 26 mars 2026, selon l’écart ajusté en fonction des options de l’indice Bloomberg US Corporate Bond.

  • 8

    Source : Bloomberg L.P., au 26 mars 2026, selon le taux d’inflation neutre sur 5 ans aux États-Unis. Un taux d’inflation neutre est une estimation de l’inflation future fondée sur le marché, calculée en comparant le taux d’une obligation d’État standard (nominal) au taux d’une obligation du Trésor indexée sur l’inflation (TIPS) de la même échéance.

  • 9

    Source : Bloomberg L.P., au 26 mars 2026, selon le taux implicite des fonds fédéraux.