Planification fiscale et successorale

Réduction d’impôt pour la classe moyenne en 2026 : Ce que les Canadiens et Canadiennes doivent savoir

Mother shopping with her young son in a grocery store aisle

Points importants à retenir

La réduction d’impôt pour la classe moyenne en 2026 crée des liquidités supplémentaires

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La réduction d’impôt pour la classe moyenne en 2026 offre un allégement fiscal modeste, mais notable, à des millions de contribuables en réduisant le taux marginal d’imposition fédéral le plus bas. Bien que les économies ne soient pas transformatrices à elles seules, elles donnent aux ménages l’occasion de réévaluer leurs priorités financières et de prendre des décisions délibérées sur la façon d’utiliser la somme. 

Les contribuables devraient affecter activement les économies d’impôt à leurs objectifs financiers

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Plutôt que d’utiliser les économies d’impôt pour régler des dépenses courantes, les résidents canadiens sont encouragés à faire fructifier ces fonds en réduisant leurs dettes ou en cotisant à des instruments d’épargne enregistrés comme les REER, les CELI, les REEE et les CELIAPP. Même modestes, les cotisations régulières peuvent aider à acquérir de bonnes habitudes d’épargne et améliorer les résultats financiers à long terme, en combinaison avec la croissance à l’abri de l’impôt et les incitatifs gouvernementaux.

La planification de l’avenir est une responsabilité personnelle

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Comme les Canadiennes et les Canadiens vivent plus longtemps que les générations précédentes, la retraite et les principaux objectifs de vie exigeront une épargne personnelle plus importante qui durera plus longtemps. La réduction d’impôt pour la classe moyenne renforce l’importance de la planification financière proactive, car les particuliers et les familles ne peuvent pas compter uniquement sur les programmes gouvernementaux pour financer leur retraite ou leurs dépenses futures importantes. En prenant le contrôle aujourd’hui en épargnant, en investissant et en planifiant stratégiquement, les contribuables peuvent accroître leur sécurité financière et leur résilience pour les décennies à venir.

Réduction d’impôt pour la classe moyenne

Au deuxième trimestre de 2025, les Canadiennes et les Canadiens ont clairement indiqué que le coût de la vie avait érodé la qualité de vie et ont demandé qu’un plan sérieux s’attaque à ce problème pour remettre plus d’argent dans leurs poches et bâtir un Canada plus abordable. Face à cette préoccupation, le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a annoncé une proposition visant à réduire l’impôt de la classe moyenne, qui aurait une incidence sur environ 22 millions de Canadiennes et de Canadiens.

Depuis, le gouvernement a mis en œuvre le projet d’allégement fiscal en réduisant le taux d’imposition marginal de la première tranche de revenu des particuliers, qui passe de 15 % à 14 %, mesure qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2025.

La réduction d’impôt pour la classe moyenne fait baisser l’impôt applicable aux premiers 57 375 $ (en 2025) du revenu imposable d’un particulier. Elle s’applique à tous les niveaux de revenu, la majeure partie des allégements fiscaux totaux étant accordée aux particuliers dont le revenu se situe dans les deux fourchettes d’imposition les plus basses. On estime que le montant total des allégements fiscaux prévus procurera 27 milliards de dollars d’économies d’impôt aux contribuables sur cinq ans, à compter de 2025-2026. Comme le taux d’imposition proposé de 14 % est entré en vigueur le 1er juillet 2025, le taux d’imposition annualisé effectif pour 2025 est de 14,5 %. La pleine réduction de 1 %, à 14 %, a commencé en janvier 2026.

Taux d’impôt sur le revenu fédéral en 2025

Taux d’imposition

Seuil de revenu imposable

14,5 %*

57 375 $ ou moins, plus

20,5 %

Plus de 57 375 $ à 114 750 $, plus

26 %

Plus de 114 750 $ à 177 882 $, plus

29 %

Plus de 177 882 $ à 253 414 $, plus

33 %

Plus de 253 414 $

La réduction d’impôt pour la classe moyenne est entrée en vigueur le 1er juin 2025, ce qui signifie que le taux mixte était de 14,5 %.

Taux d’impôt sur le revenu fédéral en 2026

Taux d’imposition

Seuil de revenu imposable

14 %

58 523 $ ou moins, plus

20,5 %

Plus de 58 523 $ à 117 045 $, plus

26 %

Plus de 117 045 $ à 181 440 $, plus

29 %

Plus de 181 440 $ à 258 482 $, plus

33 %

Plus de 258 482 $

Fonctionnement des taux d’imposition marginaux

Les tranches d’imposition fédérales canadiennes sont souvent mal comprises. Certaines personnes croient que leur revenu est intégralement imposé dans une tranche d’imposition donnée, comme s’il s’agissait d’un taux d’imposition uniforme sur chaque dollar gagné. En réalité, le revenu d’un particulier est imposé progressivement, le revenu de chaque tranche d’imposition étant assujetti à un taux d’imposition progressivement plus élevé.

Par exemple, si un particulier gagne 120 000 $ en 2026, les premiers 58 523 $ de son revenu sont imposés au taux fédéral de 14 % (14 % x 58 523 $ = 8 193,22 $) et les 61 477 $ restants, au taux de 20,5 % (20,5 % x 61 477 $ = 12 602,79 $). Le montant total de l’impôt fédéral à payer étant de 20 796,00 $, le taux d’imposition effectif est de 17,33 %, soit bien inférieur au taux de 20,5 % appliqué à la deuxième tranche.

Qu’est-ce que cela signifie pour les Canadiens et Canadiennes?

Selon le gouvernement du Canada, l’économie d’impôt maximale sera de 420 $ par personne et de 840 $ par couple en 2026. Une étude réalisée par le directeur parlementaire du budget (DPB) a révélé que, en général, plus le revenu est élevé, plus les économies sont importantes. Toutefois, les personnes qui gagnent un revenu entrant dans la deuxième tranche et les tranches supérieures devraient obtenir des économies semblables. Par exemple, en 2026, un particulier qui gagne un revenu d’emploi n’est assujetti à l’impôt fédéral sur le revenu que lorsque son revenu dépasse 19 127 $. Ce seuil correspond au montant personnel de base de 16 452 $, qui s’ajoute à la valeur des crédits d’impôt non remboursables disponibles au titre des cotisations au Régime de pensions du Canada et aux primes d’assurance-emploi. Les particuliers profitent pleinement des avantages de la réduction du taux d’imposition si leur revenu est plus élevé et atteint la limite supérieure de la deuxième tranche d’imposition fédérale (58 523 $). Tout revenu gagné au-delà de ce point est imposé au taux subséquent de 20,5 %, sur lequel la réduction de taux proposée n’a aucune incidence.

Les personnes âgées de 65 ans ou plus commenceraient à payer un impôt fédéral sur le revenu à partir d’un revenu imposable de 25 562 $.

Selon les données du recensement, les économies moyennes vont de 50 $ pour un aîné célibataire à faible revenu jusqu’à 750 $ pour un couple à revenu élevé avec enfants. Cela s’explique par le régime fiscal progressif au Canada. Le tableau ci-dessous illustre les économies moyennes pour les familles de recensement en 2026-2027.

Économies moyennes des familles de recensement, par type, en 2026-2027

Type de famille de recensement

Économies moyennes ($)

Revenu imposable moyen ($)

Aîné(e) célibataire, 1re tranche de revenu

50

27 380

Célibataire sans enfant, 1re tranche de revenu

100

25 080

Parent seul, 1re tranche de revenu

140

50 190

Couple d’aînés, chacun dans la 1re tranche de revenu

150

63 630

Couple sans enfant, chacun dans la 1re tranche de revenu

230

58 820

Couple avec enfant, chacun dans la 1re tranche de revenu

250

74 600

Aîné(e) célibataire, 2e tranche de revenu

330

111 160

Parent seul, 2e tranche de revenu et plus

340

132 840

Célibataire sans enfant, 2e, 3e et 4e tranche de revenu

350

95 760

Célibataire sans enfant, 5e tranche de revenu

350

475 130

Couple d’aînés, un dans la 1re tranche de revenu et l’autre dans la 2e tranche de revenu

440

157 470

Couple sans enfant, un dans la 1re tranche de revenu et l’autre dans la 2e tranche de revenu

460

145 780

Couple avec enfant, un dans la 1re tranche de revenu et l’autre dans la 2e tranche de revenu

460

171 180

Couple d’aînés, chacun dans la 2e tranche de revenu

680

259 950

Couple sans enfant, chacun dans la 2e tranche de revenu

710

230 690

Couple avec enfant, chacun dans la 2e tranche de revenu

750

276 690

Ensemble

280

100 670

Les montants sont arrondis à 10 $ près.

Bien que la réduction d’impôt pour la classe moyenne ne procure pas d’économies importantes aux contribuables, c’est un ajout bienvenu à la myriade de crédits d’impôt fédéraux existants qui continuent d’aider les Canadiennes et les Canadiens chaque année, comme le crédit d’impôt personnel de base, le crédit d’impôt en raison de l’âge et le crédit d’impôt pour conjoint ou personne à charge admissible, pour n’en nommer que quelques-uns. Pour les particuliers et les familles, la réduction d’impôt pour la classe moyenne permet de régler des dépenses annuelles et de rembourser des dettes. De plus, pour amorcer l’épargne à long terme, il est souvent vrai qu’un montant quelconque (même petit) vaut mieux que rien du tout. Pour les particuliers et les familles qui ne savent pas trop que faire des économies résultant de la réduction d’impôt pour la classe moyenne, cela peut être l’occasion de mettre ce montant de côté pour instaurer un cycle d’épargne régulier à long terme.

Les particuliers qui cherchent à épargner en vue de la retraite peuvent utiliser la réduction d’impôt pour la classe moyenne pour cotiser à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER), ce qui les aidera à planifier pour l’avenir et à réduire l’impôt actuel. Un REER est un compte enregistré par le gouvernement conçu pour encourager l’épargne-retraite à long terme en permettant aux particuliers de déduire les cotisations de leur revenu imposable, et d’obtenir ainsi des économies d’impôt immédiates. L’impôt sur les cotisations au REER et la croissance des placements dans le compte est reporté jusqu’à ce que les fonds soient retirés, habituellement à la retraite, alors que le particulier peut se trouver dans une tranche d’imposition plus basse. Pour les personnes qui cotisent déjà à un REER, la réduction d’impôt pour la classe moyenne peut aider à accroître ou à maintenir les cotisations dans le compte sans incidence sur les liquidités. Les ménages à revenu plus élevé peuvent maximiser davantage la valeur de leurs REER au moyen de stratégies coordonnées, comme les REER de conjoint, qui permettent d’équilibrer les revenus de retraite et de réduire l’impôt familial global à la retraite. En plaçant dans un REER la somme obtenue grâce à la réduction d’impôt pour la classe moyenne, les particuliers et les familles peuvent consolider leurs plans de retraite, assurer leur sécurité financière à long terme et profiter d’avantages fiscaux importants au fil du temps.

Autrement, les particuliers peuvent affecter leurs économies à un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), dont les placements fructifient en totale franchise d’impôt et les retraits sont non imposables. Un CELI est un compte enregistré souple qui permet aux Canadiennes et aux Canadiens de placer leur argent après impôt, tous les intérêts, les dividendes et les gains en capital étant à l’abri de l’impôt, même lorsque les fonds sont retirés. En transférant dans un CELI les économies tirées de la réduction d’impôt pour la classe moyenne, les particuliers peuvent accroître leur patrimoine sans augmenter leur revenu imposable futur. Des retraits peuvent être effectués en tout temps pour payer des dépenses importantes, comme l’achat d’une maison, les frais de scolarité, les frais de garde d’enfants, un voyage ou une urgence, sans conséquences fiscales ni incidence sur les prestations gouvernementales fondées sur le revenu. Pour les familles, le CELI peut servir de complément aux REER en offrant liquidité et souplesse, tout en permettant à chaque conjoint de maximiser ses propres droits de cotisation. À long terme, des placements réguliers dans un CELI peuvent jouer un rôle clé dans la planification financière et constituer un complément fiscalement avantageux au revenu de retraite, ce qui en fait un outil précieux pour les particuliers et les familles à toutes les étapes de la vie.

Vous avez besoin d’aide pour choisir le régime le plus approprié? Notre article vous aidera à prendre une décision éclairée : Vous hésitez encore entre REER et CELI? Voici comment utiliser chacun de ces régimes à votre avantage | Invesco Canada

Les familles avec enfants peuvent également placer leurs économies dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE), un compte avantageux sur le plan fiscal spécialement conçu pour aider à financer les études postsecondaires. Les REEE permettent de faire fructifier les cotisations à l’abri de l’impôt et sont bonifiés par de généreux incitatifs gouvernementaux, comme la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE). En utilisant les économies tirées de la réduction d’impôt pour la classe moyenne, les familles peuvent cotiser de façon plus stratégique et maximiser ces subventions au fil du temps. Par exemple, un couple avec un nouveau-né, dont l’un des parents se trouve dans la tranche d’imposition la plus faible et l’autre dans la deuxième tranche, peut obtenir des économies d’impôt annuelles moyennes estimées à 460 $. Placées dans un REEE, ces économies permettent d’accroître considérablement le montant total du fonds d’épargne-études grâce à la croissance composée et aux subventions du gouvernement année après année. Lorsque l’enfant est prêt à entreprendre des études postsecondaires, les fonds retirés à cet effet sont généralement imposés entre les mains de l’étudiant, qui se trouve souvent dans une tranche d’imposition inférieure ou qui paie un impôt modeste, voire nul. En cotisant régulièrement et tôt à un REEE, les familles peuvent réduire le fardeau financier futur des frais de scolarité tout en tirant pleinement parti du soutien gouvernemental et de la croissance à long terme des placements.

Enfin, dans le cadre d’une stratégie d’épargne plus large, les particuliers et les familles peuvent aussi envisager d’autres régimes enregistrés, notamment le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP), étroitement en phase avec les efforts plus généraux du gouvernement fédéral pour améliorer l’abordabilité des logements et réduire le fardeau fiscal des achats de nouveaux logements. Le CELIAPP permet aux acheteurs d’une première maison admissibles de verser des cotisations déductibles d’impôt, la croissance des placements et les retraits admissibles servant à l’achat d’une première maison demeurant entièrement libres d’impôt. Les économies tirées de mesures comme la réduction d’impôt pour la classe moyenne peuvent être placées dans un CELIAPP pour aider les contribuables qui comptent acheter leur première maison à l’avenir à accumuler plus rapidement une somme en vue de la mise de fonds. De plus, le gouvernement fédéral a mis en place le remboursement de la TPS/TVH pour l’achat d’une première habitation, qui permet d’obtenir le remboursement de jusqu’à 50 000 $ de TPS (ou de la partie fédérale de la TVH) payée sur une maison neuve d’une valeur pouvant aller jusqu’à 1,5 million de dollars. Cette remise s’applique aux maisons achetées auprès d’un constructeur, si le contrat d’achat a été conclu le 20 mars 2025 ou après cette date, mais avant 2031, et les travaux de construction sont en grande partie achevés avant 2036; des règles semblables s’appliquent aux maisons construites ou en grande partie rénovées par les propriétaires. Ensemble, le CELIAPP et le remboursement de la TPS/TVH pour l’achat d’une première maison offrent des avantages fiscaux et une aide gouvernementale notables, qui aident les particuliers et les familles à mieux gérer la hausse des coûts du logement et facilitent l’accession à la propriété en combinaison avec une planification rigoureuse de l’épargne et des placements à long terme.

En conclusion

Bien que la réduction d’impôt pour la classe moyenne de 2026 procure un modeste allégement à la plupart des Canadiennes et des Canadiens, sa véritable valeur réside dans la façon dont les particuliers et les familles choisissent d’utiliser ces économies. Compte tenu de la hausse du coût de la vie, de la prolongation de l’espérance de vie et des pressions croissantes sur les systèmes de retraite publics, la population canadienne ne peut plus compter uniquement sur les programmes gouvernementaux ou les employeurs pour financer son avenir. Les gens vivent plus longtemps que les générations précédentes et passent plus d’années à la retraite, ce qui signifie qu’une plus grande épargne personnelle sera nécessaire pour assurer leur sécurité financière et leur qualité de vie demain. En misant en priorité sur l’épargne, aussi modeste que soit le montant initial, et en mettant à profit les régimes enregistrés offerts, comme les REER, les CELI, les REEE et les CELIAPP, ils peuvent accroître leur résilience au fil du temps grâce à une planification rigoureuse à long terme. En fin de compte, l’indépendance financière commence par la responsabilité personnelle, et tirer parti des économies d’impôt aujourd’hui peut jouer un rôle important dans la création d’un avenir plus sûr et durable pour les particuliers et leur famille.